Textes: constitution          

Constitution du 27 octobre 1946, 
Préambule 
Journal Officiel de la République française, 28 octobre 1946, p. 9166.

Extrait


Préambule - Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui 
ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à 
nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède 
des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et les libertés de 
l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration de 1789 et les principes fondamentaux 
reconnus par les lois de la République.
Il proclame, en outre, comme particulièrement nécessaires à notre temps, les principes 
politiques, économiques et sociaux ci-après :
La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme.
Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les 
territoires de la République.
Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son 
travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances.
Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale et adhérer au 
syndicat de son choix.
Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent.
Tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective 
des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises.
Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public 
national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.
La nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.
Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de 
la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son 
âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité 
de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence.
La nation proclame la solidarité et l’égalité de tous les Français devant les charges qui 
résultent des calamités nationales.
La nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation 
professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous 
les degrés est un devoir de l’État.
La République française, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public 
international. Elle n’entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n’emploiera 
jamais ses forces contre la liberté d’aucun peuple.
Sous réserve de réciprocité, la France consent aux limitations de souveraineté nécessaires à 
l’organisation et à la défense de la paix.
La France forme avec les peuples d’outre-mer une Union fondée sur l’égalité des droits et des 
devoirs, sans distinction de race ni de religion.
L’Union française est composée de nations et de peuples qui mettent en commun ou 
coordonnent leurs ressources et leurs efforts pour développer leurs civilisations respectives, 
accroître leur bien-être et assurer leur sécurité.
Fidèle à sa mission traditionnelle, la France entend conduire les peuples dont elle a pris la 
charge à la liberté de s’administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres 
affaires ; écartant tout système de colonisation fondé sur l’arbitraire, elle garantit à tous l’égal 
accès aux fonctions publiques et l’exercice individuel ou collectif des droits et libertés 
proclamés ou confirmés ci-dessus.