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N°
74 SÉNAT SESSION
ORDINAIRE DE 2006-2007
PROPOSITION
DE LOI relative
à la journée
de solidarité
dans les départements du Bas-Rhin,
du Haut-Rhin
et de la Moselle, PRÉSENTÉE Par
MM. Francis GRIGNON, Hubert HAENEL, Philippe RICHERT, Philippe LEROY,
Mmes Fabienne KELLER, Catherine TROENDLE et Esther SITTLER, Sénateurs. (Renvoyée
à la commission des Affaires sociales, sous réserve de la constitution
éventuelle d'une commission spéciale dans les conditions prévues par
le Règlement). EXPOSÉ
DES MOTIFS Mesdames,
Messieurs, La
loi n° 2004-626 du 30 juin 2004 a institué une journée de
solidarité en vue d'assurer le financement des actions en faveur de
l'autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées qui
prend la forme d'une journée supplémentaire de travail non rémunéré
pour les salariés. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 212-16
du code du travail, inséré par l'article 2 de la loi susmentionnée,
« une convention, un accord de branche ou une convention ou un
accord d'entreprise détermine la date de la journée de solidarité »
et peut notamment prévoir « le travail d'un jour férié précédemment
chômé autre que le 1er mai ». Ces
dispositions s'appliquent aux départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et
de la Moselle, conformément au dernier alinéa de cet article et par dérogation
aux dispositions des articles 105 a et 105 b. Pourtant,
en Alsace-Moselle, la réglementation du travail les dimanches et les
jours fériés est régie par les articles 105 a à 105 i du
code professionnel local, issu de la loi organique sur l'industrie,
ainsi que des articles 41 a et 41 b du même code. Sur le
fondement du second alinéa de l'article 105 a, l'ordonnance du 16
août 1892 sur les jours fériés a établi les neuf jours chômés,
autres que les dimanches, pour l'ancienne Alsace-Lorraine. Sept d'entre
eux sont identiques à ceux de la République française : le jour
de l'an, le lundi de Pâques, l'Ascension, le lundi de Pentecôte,
l'Assomption, la Toussaint et le jour de Noël. Toutefois, les deux
dernières journées sont spécifiques à l'Alsace-Moselle. Il s'agit,
d'une part, du second jour de Noël, c'est-à-dire la Saint-Étienne,
et, d'autre part, le Vendredi Saint, particulièrement important pour la
confession protestante, ce jour étant férié pour les seules communes
ayant une église protestante ou une église mixte, pour répondre, le
cas échéant, à la forte implantation de cette confession. En
conséquence et afin de promouvoir, d'une part, une pratique
respectueuse du droit professionnel local à laquelle les Alsaciens et
les Mosellans sont fortement attachés tant sur le plan culturel que
religieux, tout en réaffirmant, d'autre part, la participation de ces
trois départements à l'effort national de solidarité envers les
personnes âgées et handicapées, il convient de préciser que l'accord
professionnel déterminant le jour de solidarité qui ne peut, d'ores et
déjà, pas choisir le 1er mai, ne pourra pas non plus
retenir, en Alsace et en Moselle, le Vendredi Saint et la Saint-Étienne.
Ce faisant, les partenaires sociaux seront placés sur un pied d'égalité
sur l'ensemble du territoire national. En effet, il y aura une identité
des jours fériés pouvant être retenus au titre de la journée de
solidarité. Enfin,
dans la perspective de ne pas remettre en cause les accords déjà
conclus pour l'année 2007, le présent texte ne s'applique qu'à partir
du 1er janvier 2008. Tel
est l'objet, Mesdames, Messieurs, de la proposition de loi qu'il vous
est proposé d'adopter. PROPOSITION
DE LOI Article
unique L'article
L. 212-16 du code du travail est complété par un alinéa ainsi rédigé : « Toutefois,
à compter du 1er janvier 2008 et pour tous les accords de
branches ou d'entreprises, l'accord prévu au deuxième alinéa ne peut
fixer comme date de journée de solidarité, ni le 26 décembre, jour de
la Saint-Étienne, ni le Vendredi Saint, indépendamment de la présence
dans les communes d'un temple protestant ou d'une église mixte.
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