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Intervention
de Gérard Larcher à l’occasion de l’inauguration du nouvel espace
protestant Cap Espérance -------------------------------------------------------------------------------- Temple
d'Ermont - E.R.F., le 11 Octobre
2008 Monsieur
le Sénateur-Maire, Monsieur
le Secrétaire général de Madame
Monsieur
le Pasteur, Monseigneur,
Mesdames
et Messieurs les Élus, Mesdames
et Messieurs, Permettez-moi
de vous remercier de m'avoir associé à l'inauguration du nouveau
Temple
que
vous avez bâti. Je suis heureux de participer à cet événement qui
traduit la vitalité de votre communauté. Je vous remercie de m'y avoir
convié, et tout particulièrement, Hugues PORTELLI, mon collègue,
grand spécialiste de notre Constitution, qui m'a éclairé ces mois qui
viennent de s'écouler et sur qui je sais pouvoir compter. Je
reviens de Colombey les Deux Églises où, avec le Président de Mes
nouvelles fonctions me conduisent à parler de la Laïcité
avant
de doubler le cap de Bonne Espérance ! «
Si je désire ardemment la séparation des Églises et de l'État,
c'est pour qu'elle soit une cause de paix sociale et politique. Elle ne
peut l'être qu'à condition d'être réalisée dans la justice et la
liberté. » (1) C'est
dans ces termes que Raoul Allier, Professeur de philosophie à L'inauguration
du nouvel temple « Cap Espérances », qui est l'un des premiers actes
publics que j'accomplis en qualité de Président du Sénat, constitue,
pour moi, l'occasion de rappeler les liens privilégiés que le
protestantisme français a entretenu avec notre conception si singulière
de la laïcité
. Les
protestants français qui ont connu des heures si difficiles dont nous
gardons tous le souvenir ont éprouvé, pour ainsi dire, une sorte d' «
affinité historique » avec la laïcité
. Au fil des temps, cette affinité
s'est transformée en attachement. Je me sens au confluent de cette
double tradition spirituelle et républicaine. I
- Une affinité historique L'affinité
du protestantisme français et de la laïcité
, comme ont l'entend dans notre pays,
est le produit de l'Histoire. Remontons
au début de A
cette époque, le premier ministère de la « République des Républicains
» a comporté de nombreux protestants au point qu'un grand journal, L'Univers
, blâmait, alors, je cite, « ce
ministère de protestants, de libre penseurs et de francs-maçons qui
est bien républicain »
(2). Les
temps ont, heureusement, changé. Nul ne songe plus, désormais, à proférer
ce genre d'imputation. Mais nous devons en conserver la mémoire car
elle fait partie de l'héritage d'une communauté et de la tradition de
notre nation. Cet
Héritage, c'est : une laïcité
qui
ne soit pas hostile aux religions mais qui ménage un espace public dans
lequel les fidèles puissent, chacun selon leur conscience, exercer leur
culte sans qu'aucune religion ne s'arroge le droit de définir les règles
applicables aux autres. Les
protestants ont aspiré à une laïcité
résultant
non pas de la « tolérance » (Rabaud Saint Etienne - Etats Généraux)
- mot dangereux, car il désigne un pis aller- mais fondée sur la
liberté et l'égalité, ces deux mots qui figurent dans notre devise
nationale. C'est
précisément sur ces fondements, me semble-t-il, que s'est bâtie la
relation du protestantisme et de la laïcité
dans
notre pays. II
- Un attachement à la laïcité
Si
l'Histoire peut, doit même, être invoquée, elle ne constitue pas une
fin en soi. Nous devons l'utiliser pour comprendre le présent et
anticiper sur l'avenir. Aussi,
voudrais-je insister, après avoir évoqué ces origines, sur
l'attachement des protestants français au principe de laïcité
. Plusieurs autorités réformées
l'ont publiquement revendiqué. Cet
attachement s'explique d'ailleurs, tout naturellement, si l'on se réfère
aux principes qui constituent les fondements mêmes du protestantisme : -
l'autonomie de conscience qui est le pendant de la liberté de
conscience dont nous avons hérité grâce aux Lumières ; -
le respect de la morale et l'exigence individuelle de conformer sa vie
aux principes de -
enfin, oserais-je dire, le « sacerdoce universel », ferment d'un sens
de la responsabilité personnelle puisqu'il fait en sorte que chacun est
appelé au salut de tous, comme au sien propre, sans médiation par un
quelconque clergé. J'ajouterai,
au surplus, à cette liste des principes qui expliquent votre -notre-
attachement à la laïcité
, la
conception ecclésiologique si particulière d'Eglises qui se conçoivent
elles-mêmes comme toujours à réformer puisqu'elles estiment
accompagner des communautés humaines en marche sans détenir, par
elles-mêmes, une vérité, hormis L'affirmation
doctrinale et la mise en œuvre quotidienne de ces principes expliquent
pourquoi la communauté protestante est si bien insérée dans l'espace
public français. Ceci
n'exclut nullement l'affirmation de principes et de valeurs spécifiques
propres à chaque religion et à chaque confession. J'en veux pour
preuve le fait que sur le propre site Internet de Le
paysage religieux de Ces
transformations nous amènent tous à nous interroger sur l'interprétation
qu'il convient, compte tenu de l'expérience du passé, de donner pour
l'avenir, au concept de laïcité
. Le
Président Sarkozy a d'ailleurs placé ce sujet au centre du débat
public. Il m'apparaît devoir être évoqué devant vous. III
- Pour une laïcité
ouverte
Que
n'a-t-on dit, voici quelques mois, lorsque l'expression de « laïcité
positive
» a été prononcée par le Président de Pour
lever toute équivoque, je choisis celui de laïcité
«
ouverte » afin de montrer l'esprit qui inspire la lettre de sa dénomination.
Laïcité
:
Le
mot est propre à Mais
la laïcité
peut-elle
être « fermée
» ? On
comprend qu'au début du XXème siècle, lorsque l'objet même de la
dispute entre les républicains et les conservateurs était l'établissement
et le renforcement de
La
situation est-elle la même aujourd'hui ? Le
refus idéologique, voire sectaire, des religions, qui sont un facteur
d'intégration sociale, peut-il nous tenir lieu de politique ? Je
suis convaincu qu'un esprit exclusif et jaloux de la laïcité
, arc bouté sur des querelles du siècle
dernier, atteint, pour ainsi dire, d'une forme de «
rachitisme » de
l'esprit républicain, aboutit à une caricature de la liberté. Au
sein de Telle
est, selon moi, la feuille de route des pouvoirs publics au cours des
prochaines années. C'est précisément pourquoi je crois que nous
devons avoir une interprétation « ouverte », accueillante,
bienveillante, de la laïcité
. Nous
ne transigerons pas sur l'essentiel : la liberté de conscience, la
liberté d'expression, l'égalité des citoyens, et plus spécialement
l'égalité des hommes et des femmes. Pour
le reste, je suis convaincu qu'il appartient aux pouvoirs publics, en général,
et aux détenteurs de mandats publics, en particulier, d'entretenir des
relations avec les différentes religions, dans une France où toutes
doivent pouvoir faire entendre leur voix. Et pour ma part, il ne me gêne
nullement que les Religions interviennent dans le débat public. L'Espérance
Voici
le crédo que j'ai prononcé, il y a deux semaines, devant mes collègues
: Je
crois à une société où l'homme est le cœur des préoccupations, où
l'on est attentif à l'Autre. Je crois en une société où l'on est
solidaire. Je crois en une société où l'énergie de la liberté économique
se trouve régulée par le souci à long terme des intérêts
collectifs. Je crois au dialogue parce qu'il est source des consensus
sans lesquels rien de grand et de durable ne peut se construire . Je
crois en Je
crois à la démocratie et donc au Parlement. Ces
principes sont « Mon Espérance » pour la mission qui est Tombé
un peu par hasard (ou grâce à Selon
Armand Abécassis, « Le
Politique » rend possible
la réalisation de nos valeurs morales au travers du « vivre ensemble
» sans pour autant pouvoir atteindre l'absolu. C'est la citoyenneté et
le contrat social qui engage les citoyens, c'est la réalité en vérité
! L'Apôtre
Luc parle de « Toujours
Luc au chapitre 8, verset 12 «
Ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui entendent la parole
dans un cœur loyal et bon, qui la retiennent et portent du fruit à
force de persévérance ». Persévérance,
Audace, Espérance. Ces mots vont ensemble. (1)
Jean-Marie Mayeur La séparation des Églises et de l'État Paris 2005
p. 41 (2)
Cité par Patrick Cabanel dans Le Dieu de
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