Caricatures (affaires des) de Mahomet

 

mercredi 15 octobre 2008

 
Textes
 
Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, article 24

Seront punis de cinq ans d'emprisonnement et de 300 000 F d'amende ceux qui, par l'un des moyens énoncés à l'article précédent, auront directement provoqué, dans le cas où cette provocation n'aurait pas été suivie d'effet, à commettre l'une des infractions suivantes :

(…)

Ceux qui, par l'un des moyens énoncés à l'article 23[3], auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d'un an d'emprisonnement et de 300000 F d'amende ou de l'une de ces deux peines seulement .

En cas de condamnation pour l'un des faits prévus par l'alinéa précédent, le tribunal pourra en outre ordonner :

1° Sauf lorsque la responsabilité de l'auteur de l'infraction est retenue sur le fondement de l'article 42 et du premier alinéa de l'article 43 de la présente loi ou des trois premiers alinéas de l'article 93-3 de la loi n° 82-652 du 29 juillet 1982 sur la communication audiovisuelle, la privation des droits énumérés aux 2° et 3° de l'article 131-26 du code pénal pour une durée de cinq ans au plus ;

2° L'affichage ou la diffusion de la décision prononcée dans les conditions prévues par l'article 131-35 du code pénal.


Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, Article 29§2[4]

Toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l'imputation d'aucun fait est une injure .
Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, Article 31

Sera punie de la même peine , la diffamation commise par les mêmes moyens, à raison de leurs fonctions ou de leur qualité, envers un ou plusieurs membres du ministère, un ou plusieurs membres de l'une ou de l'autre Chambre , un fonctionnaire public, un dépositaire ou agent de l'autorité publique, un ministre de l'un des cultes salariés par l'Etat, un citoyen chargé d'un service ou d'un mandat public temporaire ou permanent, un juré ou un témoin, à raison de sa déposition.

La diffamation contre les mêmes personnes concernant la vie privée relève de l'article 32 ci-après.


Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, Article 32


La diffamation commise envers les particuliers par l'un des moyens énoncés en l'article 23 sera punie d'une amende de 80.000 F.

La diffamation commise par les mêmes moyens envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée sera punie d'un an d'emprisonnement et de 300000 F d'amende ou de l'une de ces deux peines seulement .

En cas de condamnation pour l'un des faits prévus par l'alinéa précédent, le tribunal pourra en outre ordonner :

1° L'affichage ou la diffusion de la décision prononcée dans les conditions prévues par l'article 131-35 du code pénal.


Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, Article 33

L'injure commise par les mêmes moyens envers les corps ou les personnes désignés par les articles 30 et 31 de la présente loi sera punie d'une amende de 80.000 F.

L'injure commise de la même manière envers les particuliers, lorsqu'elle n'aura pas été précédée de provocations, sera punie d'une amende de 80.000 F.

Sera punie de six mois d'emprisonnement et de 150.000 F d'amende l'injure commise, dans les conditions prévues à l'alinéa précédent, envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée[5]

En cas de condamnation pour l'un des faits prévus par l'alinéa précédent, le tribunal pourra en outre ordonner :

1° L'affichage ou la diffusion de la décision prononcée dans les conditions prévues par l'article 131-35 du code pénal.


Code pénal, Article 132-76

Dans les cas prévus par la loi, les peines encourues pour un crime ou un délit sont aggravées lorsque l'infraction est commise à raison de l'appartenance ou de la non appartenance, vraie ou supposée, de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée.

La circonstance aggravante définie au premier alinéa est constituée lorsque l'infraction est précédée, accompagnée ou suivie de propos, écrits, images, objets ou actes de toute nature portant atteinte à l'honneur ou à la considération de la victime ou d'un groupe de personnes dont fait partie la victime à raison de leur appartenance ou de leur non appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée.


Code pénal, Article R. 624-3 Diffamation discriminatoire

La diffamation non publique commise envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée est punie de l'amende prévue pour les contraventions de la 4e classe.


Code pénal, Article R. 624-4 Injure discriminatoire


L'injure non publique commise envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée est punie de l'amende prévue pour les contraventions de la 4e classe.
Code pénal, article R. 625-7 (Décret n° 2005-284 du 25 mars 2005)

"La provocation non publique à la discrimination, à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée est punie de l'amende prévue pour les contraventions de la 5e classe. (1.500 euros au plus -qui peut être porté au double, dans certains cas de récidive-, et éventuelles peines complémentaires) " (…)


Loi n° 90-615 du 13 juillet 1990 tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe J.O. du 14/07/1990, Art. 14

Possibilité, pour les associations oeuvrant contre les discriminations raciales et religieuses, d'exercer le droit de réponse en matière audiovisuelle - Modification de l'art. 6 de la loi n° 82-652 du 29 juillet 1982)

Actualité
 

24 janvier 2008

Caricatures: l'avocat général demande la confirmation du jugement


24 janvier 2008

Caricatures Mahomet: la cour d'appel juge la Ligue islamique mondiale irrecevable à agir


23 janvier 2008
Les caricatures de Mahomet devant la cour d'appel de Paris

14 juin 2007

Caricatures de Mahomet: le procès en appel fixé au 23 janvier 2008


30 mars 2007

 

Caricatures de Mahomet: après l'UOIF, la Ligue islamique mondiale fait appel


28 mars 2007

 

Caricatures: la Mosquée de Paris confirme qu'elle ne fera pas appel


22 mars 2007


Caricatures de Mahomet: l'OSCE salue la relaxe du journal Charlie Hebdo


22 mars 2007


Charlie Hebdo relaxé dans le procès des caricatures de Mahomet


20 mars 2007

Caricatures de Mahomet: le tribunal rend son jugement jeudi 22 mars

15 février 2007

Caricatures de Mahomet: Le CFCM déterminé à "persévérer dans la voie judiciaire"


9 février 2007

Jugement le 15 mars dans le procès des caricatures de Mahomet


9 février 2007

Caricatures de Mahomet: le procureur en faveur de la relaxe


9 février 2007

Caricatures: les parties civiles se défendent de vouloir rétablir le "délit de blasphème"


8 février 2007

Caricatures de Mahomet: controverse animée sur la liberté d'expression


7 février 2007

Ouverture à Paris du procès de l'affaire des caricatures de Mahomet


2 février 2007
Pour le recteur de la Mosquée de Paris et président du CFCM, les caricatures de Mahomet constituent "un délit d'expression".

21 juillet 2006 : Caricatures: "Charlie Hebdo" visé par une action en justice intentée par la Grande Mosquée de Paris
Articles

Jurisprudence
 

 

Affaire des caricatures de Mahomet : le TGI de Paris relaxe l'éditeur..

TGI Paris, 17e ch. corr., 22 mars 2007 : Juris-Data n° 2007-327959   (extrait)

Association DÉFENSE DES CITOYENS ;
SOCIÉTÉ DES HABOUS ET DES LIEUX SAINTS DE L’ISLAM (la Mosquée de Paris) ;
UNION DES ORGANISATIONS ISLAMIQUES DE FRANCE (UOIF) ;
LA LIGUE ISLAMIQUE MONDIALE ;
ASSOCIATION PROMOTION SÉCURITÉ NATIONALE (APSN) ;
Association Politique HALTE A LA CENSURE, LA CORRUPTION, LE DESPOTISME, L’ARBITRAIRE.

Bibliographie
Les caricatures de Mahomet et la liberté d’expression
Par Pascal MBONGO
Professeur à la Faculté de droit de Poitiers et à l'Institut d'études politiques de Paris
Revue Esprit, mai 2007,p. 145

L'affaire des « Caricatures de Mahomet » : liberté de caricature et respect des croyances

Par Emmanuel Derieux

Professeur à l'université Panthéon-Assas (Paris 2)

La Semaine Juridique Edition Générale n° 19, 9 Mai 2007, II 10079