Sénat Questions écrites 2ème législature

Décembre 2006

Régime juridique d'associations relatives à des cultes non reconnus  en Alsace-Moselle 
Question écrite n° 25792 de M. Jean Louis Masson (Moselle - NI) 
publiée dans le JO Sénat du 28/12/2006 - page 3202 

M. Jean Louis Masson attire l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire sur le fait que les cultes reconnus bénéficient d’un régime spécial en Alsace-Moselle. Pour ce qui est des cultes non reconnus
, il souhaiterait savoir si le régime général applicable dans le reste de la France s’y applique. En particulier, lorsque les membres d’un culte  non reconnu créent une association cultuelle en Alsace-Moselle,  il souhaiterait savoir si cette association bénéficie de la pleine capacité et si elle peut être subventionnée à titre volontaire par une commune ou si elle est assujettie aux interdictions correspondantes qui sont applicables en droit général.

 


Violation de la laïcité  dans la commune de Châtillon-sur-Loire 
Question écrite n° 25728 de M. Jean-Luc Mélenchon (Essonne - SOC) 
publiée dans le JO Sénat du 21/12/2006 - page 3142 

M. Jean-Luc Mélenchon attire l'attention de M. le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire sur une violation répétée de la laïcité
 républicaine constatée dans une commune du département du Loiret. En effet, pour la troisième année consécutive, la municipalité de Châtillon sur Loire a fait édifier, à l’occasion des fêtes de Noël une crèche géante sur le parvis de la mairie, directement sur le domaine public à l’entrée de la maison commune. Cette installation se rattachant explicitement à l’exercice du culte  catholique, il attire son attention sur la violation manifeste de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des églises et de l’Etat qu’elle entraîne. La loi dispose en effet en son article 28 qu’ « il est interdit d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. » Elle dispose de surcroît dans ses articles 1 et 2 que « la République assure la liberté de conscience » et « ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte ». Depuis trois ans de nombreux citoyens de cette commune ont ainsi exprimé auprès de la mairie et du préfet du Loiret leur trouble face à cette violation de la liberté de conscience de tous ceux qui ne se reconnaîtraient pas dans le culte catholique. Il s’étonne que le préfet n’ait pris aucune initiative pour que l’espace public ne soit plus accaparé par un symbole éminent d’un culte particulier et pour qu’il soit rendu à tous. Il souhaiterait connaître son appréciation sur cette violation de la loi de 1905 et les mesures qu’il envisage de prendre pour que la laïcité de l’espace public, la liberté absolue de conscience et l’égalité des citoyens soient garanties dans la commune de Châtillon sur Loire comme sur tout le territoire.

 


Violation de la laïcité  dans la commune de  Plöermel  

Question écrite n° 25729 de M. Jean-Luc Mélenchon (Essonne - SOC) 
publiée dans le JO Sénat du 21/12/2006 - page 3142 

M. Jean-Luc Mélenchon attire l'attention de M. le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et de l'aménagement du territoire sur la violation manifeste de la laïcité
 républicaine entraînée par l’édification d’une statue monumentale du Pape Jean-Paul II dans la commune de Ploërmel dans le département du Morbihan. Le 10 décembre dernier, la municipalité de Plöermel  a inauguré une statue du Pape Jean-Paul II de quatre mètres surplombée par une énorme arche et une croix culminant à près de neuf mètres de hauteur. Cette statue célébrant le chef défunt des croyants du culte  catholique, son édification sur la voie publique viole manifestement l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des églises et de l’Etat qui « interdit d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. » Il s’étonne également qu’elle ait été installée sur la place publique et inaugurée aux frais du contribuable pour un total de dépenses publiques qui atteindrait 130 000 euros, alors que l’article 2 de la loi de 1905 dispose que la République « ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte ». Il attire enfin son attention sur le discours officiel prononcé par le maire de cette commune lors de cette inauguration, conclu par la prière suivante : « Très Saint Père, protège la Bretagne qui t’aime, protège Ploërmel, le pays de Ploërmel et ses habitants », en violation de l’obligation de neutralité  religieuse qui s’impose à tout élu de la République dans l’exercice de ses fonctions. Il s’étonne que le préfet du Morbihan n’ait pris aucune initiative pour que l’espace public ne soit plus accaparé par un symbole éminent d’un culte particulier et pour qu’il soit rendu à tous. Il souhaiterait connaître son appréciation sur cette violation de la loi de 1905 et les mesures qu’il envisage de prendre pour que la laïcité de l’espace public et des institutions municipales, la liberté absolue de conscience et l’égalité des citoyens soient garantis dans la commune de Plöermel comme sur tout le territoire.