Assemblée Nationale Questions écrites 13ème législature 

 

Mise à jour : mercredi 27 octobre 2010

 

Juin 2010

 

 

Question N° : 79578 de M. Jean Grenet ( Union pour un Mouvement Populaire - Pyrénées-Atlantiques ) Question écrite 
Ministère interrogé > Intérieur, outre-mer et collectivités territoriales Ministère attributaire > Intérieur, outre-mer et collectivités territoriales 
Rubrique > ésotérisme Tête d'analyse > sectes Analyse > rapport. propositions 
Question publiée au JO le : 01/06/2010

Texte de la question
M. Jean Grenet interroge M. le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales sur la publication du rapport annuel sur les sectes, publié par la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance contre les dérives sectaires). Ce rapport fait état notamment des nouvelles modalités d'infiltration. Il lui demande de bien vouloir lui indiquer les actions nouvelles entreprises pour lutter contre l'emprise des sectes. 


Question N° : 55580 de M. Élie Aboud ( Union pour un Mouvement Populaire - Hérault ) Question écrite 
Ministère interrogé > Intérieur, outre-mer et collectivités territoriales Ministère attributaire > Intérieur, outre-mer et collectivités territoriales 
Rubrique > mort Tête d'analyse > crémation Analyse > cendres. statut 
Question publiée au JO le : 21/07/2009 page : 7167
Réponse publiée au JO le : 22/06/2010 page : 7033

Texte de la question
M. Élie Aboud attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales sur les inquiétudes nées de la nouvelle législation relative à la crémation. En effet, désormais, le pouvoir de décision du devenir des cendres revient uniquement à la personne ayant qualité pour pourvoir aux funérailles. Celle-ci peut donc tout à fait remettre en cause les volontés du défunt. De plus, les urnes recueillant les cendres ne peuvent être conservées à domicile mais doivent impérativement être déposées dans les lieux de cultes (articles 2223-18-1 et 2223-18-2). Cette disposition remet ainsi en question le principe de laïcité. Par ailleurs, l'article 2223-18-2, par les termes "en leur totalité", suppose l'impossibilité de partager les cendres. En outre, le texte empêche toute possibilité ultérieure de mélanger les cendres de deux conjoints décédés, malgré la manifestation de leur volonté. Il lui demande de bien vouloir lui faire connaître l'état de sa réflexion à cet égard. 


Texte de la réponse
La personne ayant qualité pour pourvoir aux funérailles, notion que la jurisprudence judiciaire est venue préciser, est chargée de mettre en oeuvre les volontés exprimées par le défunt sur les modalités d'inhumation de son corps ou, en cas de crémation, sur la destination donnée à ses cendres. Le non-respect de cette volonté est un délit (art. 433-21-1 du code pénal), passible de six mois d'emprisonnement et 7 500 EUR d'amende. En l'absence de volontés particulières, la personne ayant qualité pour pourvoir aux funérailles est considérée comme la meilleure interprète de ce que le défunt aurait souhaité pour ses obsèques. En application des articles L. 2223-18-1 et L. 2223-18-2 du code général des collectivités territoriales, lorsque la destination des cendres du défunt n'a pas été arrêtée, l'urne funéraire est conservée temporairement au crématorium, ou éventuellement dans un lieu de culte, pour une durée maximum d'une année. Le dépôt temporaire dans un lieu de culte, à la demande de la personne ayant qualité pour pourvoir aux funérailles, n'est donc qu'une possibilité ouverte par la loi : de ce fait, le principe de laïcité est donc préservé. Par ailleurs, il faut indiquer que la loi n° 2008-1350 du 19 décembre 2008, relative à la législation funéraire, a exclu la création de sites cinéraires privés, au même titre que les cimetières privés. Les articles précités disposent également que les cendres issues de la crémation doivent être traitées avec « respect, dignité et décence », ce qui interdit tout mélange ou partage de cendres, même si le défunt l'avait souhaité au titre de ses dernières volontés. Dans ce cadre, il convient de rappeler que le choix exprimé par le défunt doit être conforme aux lois et règlements en vigueur et que cette condition est appréciée au jour du décès. Malgré cette restriction, de nombreuses possibilités subsistent pour la destination de l'urne, telles que l'inhumation dans une sépulture, le scellement sur un monument funéraire, le dépôt dans un columbarium de l'urne ou la dispersion des cendres, dans un site cinéraire ou en pleine nature, hors des voies publiques.


Question N° : 81697 de Mme Odette Duriez ( Socialiste, radical, citoyen et divers gauche - Pas-de-Calais ) Question écrite 
Ministère interrogé > Éducation nationale Ministère attributaire > Éducation nationale 
Rubrique > enseignement Tête d'analyse > politique de l'éducation Analyse > laïcité. respect 
Question publiée au JO le : 22/06/2010 page : 6838

Texte de la question
Mme Odette Duriez attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur le démantèlement de l'école publique. En effet, de nombreuses décisions ministérielles mettent à mal le service public et laïc d'éducation, qui ne semble plus être une priorité de l'État. Il s'agit notamment des dizaines de milliers de suppressions d'emplois, des aides publiques concédées aux établissements privées qui n'ont jamais été aussi élevées, de la loi Carle qui amplifie le financement de la concurrence au service public et conforte la logique de « marché » scolaire, de la suppression de la sectorisation, du développement du privé par le plan banlieue ou encore des accords « kouchner Vatican ». Aussi, elle souhaite savoir si le Gouvernement compte revenir sur ses réformes pour un le service public et laïc d'éducation de qualité pour tous. 


Question N° : 81527 de M. Éric Raoult ( Union pour un Mouvement Populaire - Seine-Saint-Denis ) Question écrite 
Ministère interrogé > Intérieur, outre-mer et collectivités territoriales Ministère attributaire > Intérieur, outre-mer et collectivités territoriales 
Rubrique > cultes Tête d'analyse > culte catholique Analyse > membres du clergé. abus sexuels. lutte et prévention 
Question publiée au JO le : 22/06/2010 page : 6855

Texte de la question
M. Éric Raoult attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales sur le délicat dossier des cas de pédophilie dans l'église. En effet, du fait de situations précises et limitées dans certains pays, et ce sur de nombreuses années, une campagne de dénigrement semble avoir été orchestrée depuis plusieurs mois contre l'église catholique, et l'épiscopat. Cette action systématique de lancement de ces scandales sexuels n'est pas fortuit et semble orchestré par une volonté de mise à l'église catholique, dans plusieurs pays occidentaux, mais aussi du tiers monde, notamment latino-américains. Ces cas de scandales pédophiles ne sont pas de plus suffisamment pris en compte par l'épiscopat par son effet très négatif sur l'opinion publique. Ces affaires pédophiles sont déstabilisatrices pour l'image de l'église catholique et ne sont pas sans conséquence sur l'état d'esprit de la communauté catholique, pour sa propre considération. L'épiscopat, notamment en Europe, et en France devrait prendre conscience de cette situation, en menant une action d'information pour obtenir une revalorisation de son image dans la population. Les pouvoirs publics pourraient participer dans le respect de la laïcité, au montage de cette campagne et d'information et de clarification. Il lui demande donc de lui indiquer sa position sur cette suggestion. 


Question N° : 81700 de M. Jacques Bascou ( Socialiste, radical, citoyen et divers gauche - Aude ) Question écrite 
Ministère interrogé > Éducation nationale Ministère attributaire > Éducation nationale 
Rubrique > enseignement Tête d'analyse > réglementation Analyse > loi n° 2004-228 du 15 mars 2004. application. bilan 
Question publiée au JO le : 22/06/2010 page : 6838

Texte de la question
M. Jacques Bascou attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur le respect de la loi interdidant le port de signes religieux ostensibles dans les établissements publics locaux d'enseignement (EPLE) Cette loi serait très diversement appliquée selon les établissements, faute qu'ils soient explicitement mentionnés par la loi et son décret d'application de janvier 2004 qui vise particulièrement les collèges et lycées. Il lui demande si le Gouvernement envisage des mesures pour appliquer aux apprentis et stagiaires de la formation continue les mêmes règles que celles appliquées aux élèves en formation initiale. 


Question N° : 82788 de M. Jacques Desallangre ( Gauche démocrate et républicaine - Aisne ) Question écrite 
Ministère interrogé > Premier ministre Ministère attributaire > Premier ministre 
Rubrique > traités et conventions Tête d'analyse > accord de reconnaissance des diplômes avec le Vatican Analyse > laïcité. respect 
Question publiée au JO le : 29/06/2010 page : 7101

Texte de la question
M. Jacques Desallangre demande à M. le Premier ministre de bien vouloir mettre un terme au projet de reconnaissance automatique par l'État des diplômes délivrés par l'enseignement supérieur protestant. Depuis la signature par la France de l'accord avec le Vatican devant permettre la délivrance sur notre territoire par les instituts catholiques de grades et diplômes français, les autres religions s'estiment discriminées et lésées. Cet accord fait l'objet d'un recours particulièrement étayé devant le Conseil d'État et devrait prochainement être rendu inapplicable. Le 27 mai dernier, le Président de la République a préconisé la reconnaissance par l'État des diplômes délivrés par l'enseignement supérieur protestant. Si le Gouvernement persistait dans cette voie, au nom de quel critère objectif pourrait-il, demain, refuser d'en faire de même pour les évangélistes (Vaux sur Seine et Aix en Provence), pour les intégristes catholiques, les musulmans, les juifs, ou autres religions et sectes suffisamment importantes pour délivrer des formations. Comme pour les « universités catholiques », cette demande est juridiquement, directement contraire à la Loi de 1880 qui confère à l'État le monopole de la collation des grades et des diplômes universitaires. Cette reconnaissance automatique des diplômes serait également contraire au principe constitutionnel fondamental de laïcité tel que cela fut démontré dans le recours devant le Conseil d'État. Il considère qu'il est inacceptable qu'à nouveau, le Président de la République garant de nos institutions, soit le premier à renier le principe fondamental et Constitutionnel qu'est la laïcité. Il demande donc au Gouvernement de supprimer tous les projets de reconnaissance automatique des diplômes délivrés par les organisations confessionnelles sur le territoire de la République Française et demande également que soit redonné au principe de laïcité toute sa portée normative. 


Question N° : 65401 de M. Alain Vidalies ( Socialiste, radical, citoyen et divers gauche - Landes ) Question écrite 
Ministère interrogé > Premier ministre Ministère attributaire > Premier ministre 
Rubrique > ministères et secrétariats d'État Tête d'analyse > Premier ministre : structures administratives Analyse > Observatoire de la laïcité. rapport. contenu 
Question publiée au JO le : 01/12/2009 page : 11272
Réponse publiée au JO le : 29/06/2010 page : 7218
Date de signalement : 22/06/2010

Texte de la question
M. Alain Vidalies attire l'attention de M. le Premier ministre sur les actions et réflexions menées par l'Observatoire de la laïcité. Institué par décret du 25 mars 2007 et placé sous l'autorité du Premier ministre, cet observatoire est « chargé de réunir les données, de produire les analyses, études et recherches permettant d'éclairer les pouvoirs publics sur la laïcité », et doit remettre « chaque année un rapport qui est ensuite rendu public ». Alors que s'engage le débat sur « l'identité nationale », dont l'un des objectifs poursuivis est la « réaffirmation des valeurs républicaines », il lui apparaît essentiel que puisse être appréhendé, dans cette réflexion, le principe de la laïcité et plus particulièrement son respect dans les services publics. En conséquence, il lui demande de bien vouloir lui faire part de l'état des réflexions menées par l'observatoire sur cette question et, par ailleurs, de lui communiquer son rapport annuel. 


Texte de la réponse
Le Gouvernement, comme l'ensemble de la représentation nationale, est naturellement très attaché au principe de laïcité. Ce principe, énoncé à l'article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958, constitue l'un des piliers de notre pacte républicain et l'une des valeurs dans lesquelles les Françaises et les Français se reconnaissent le plus, personnellement et collectivement. Pour assister le Gouvernement dans son action visant au respect du principe de laïcité, en particulier dans les services publics, la création d'un Observatoire de la laïcité avait été prévue par un décret du 25 mars 2007. Mais il a semblé plus opportun, dans le contexte de révision générale des politiques publiques, de suppression de nombre de commissions administratives et de reconfiguration des instances chargées de veiller au respect des libertés fondamentales, d'encourager l'action d'institutions déjà existantes, à l'autorité reconnue, plutôt que d'installer de nouvelles structures aux missions trop spécialisées. C'est la raison pour laquelle le Gouvernement envisage de confier à une institution dont les compétences pourraient utilement reprendre celles de l'Observatoire de la laïcité le soin d'accompagner l'action des pouvoirs publics en ce domaine. Plusieurs pistes sont envisagées. La première d'entre elles pourrait être de confier cette mission au Défenseur des droits. Le Haut Conseil à l'intégration (HCI) est une autre possibilité. Il a récemment remis au Premier ministre des recommandations « relatives à l'expression religieuse dans les espaces publics de la République ».