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février 2010
Affaire Elodie Kulik - Son père : “Je garde l’espoir, mais il s’étiole au fil du temps”
Propos recueillis par Nathalie Mazier, le samedi 9 janvier 2010 à 04:00
Jacky Kulik, le père d’Elodie, attend depuis huit ans que les gendarmes identifient enfin les assassins de sa fille, une jeune femme qui « réussissait tout ce qu’elle
entreprenait, qui nous a donné de la joie, de la fierté ». A France-Soir, il confie sa tristesse et son espoir.
FRANCE-SOIR. Huit ans après la mort d’Elodie, comment vous sentez-vous ?
JACKY KULIK. Je supporte très mal ces mois de décembre et de janvier. Je vis dans le souvenir. Lundi, ça fera huit ans qu’Elodie a été tuée. Le 11 janvier, c’est aussi la date anniversaire de mon mariage. Mais ma femme est en soins palliatifs (NDLR : Rose-Marie Kulik a tenté de se suicider en juillet 2002. Elle est hospitalisée depuis cette date). C’est quelque chose d’épouvantable à gérer.
Gardez-vous encore l’espoir que les assassins de votre fille soient arrêtés un jour ?
J’attends qu’on les retrouve. Je garde l’espoir, mais il s’étiole au fil du temps. Même si je sais que le juge et les enquêteurs font bien leur travail, je pensais que ça allait être plus rapide. Maintenant, avec le temps, je crois que ça va être de plus en plus compliqué. J’espère que l’ADN portera ses fruits. Les enquêteurs ont une trace génétique, celle de l’assassin. Au départ, je m’étais dis qu’un jour ou l’autre un des auteurs cracherait le morceau, mais il n’y a rien de tout ça. Mais si pendant huit ans ces hommes ne se sont pas désolidarisés, je doute qu’ils le fassent un jour. Il faudrait un événement fortuit, un contrôle routier par exemple. A présent, je m’en remets au hasard.
Selon vous, qu’est-il arrivé à Elodie cette nuit-là ?
Selon moi, les agresseurs connaissaient Elodie. Je pense que ma fille est tombée dans un guet-apens. J’ai voulu écouter son dernier appel au secours. Je ne l’ai entendu qu’il y a deux mois. Cet enregistrement dure entre 26 et 28 secondes. C’est insoutenable. J’ai surtout entendu les cris d’horreur de ma fille. D’après moi, ils étaient au moins trois agresseurs. J’ai trouvé qu’ils avaient un accent local, mais ce qu’ils disent est très difficilement audible. Même si on m’avait déconseillé de le faire, j’avais besoin de l’entendre. Je me suis dit que j’arriverais peut-être à mettre des noms sur ces voix. Mais je ne les ai pas reconnues. Pour moi, c’était la dernière chance de savoir.
Dimanche 17 janvier, Jacky Kulik organise une messe en mémoire d’Elodie. La cérémonie est prévue à 11 heures à l’église Saint-Pierre de Monchy-Lagache (Somme).
Source:
http://www.francesoir.fr/faits-divers/2010/01/09/afaire-elodie-pere.html
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