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23 janvier 2010
PÉRONNE (80) Élodie: huit ans interminables Il y aura huit ans demain, Élodie Kulik a été violée puis assassinée. Ces longues années ne changent rien à la douleur de son père et à la ténacité des enquêteurs. « Au fait, pour Élodie, il n'y a rien de nouveau ? » Pardon de parler de nous, mais il n'est pas un mois sans que le journaliste du Courrier n'entende cette question. Ça n'a pas valeur de sondage mais ça prouve à quel point l'assassinat d'Élodie Kulik, dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002, a durablement marqué les esprits dans l'Est de la Somme et au-delà. Elle avait tout pour elle : jeune et jolie, titulaire d'un bon boulot (à la banque de Picardie de Péronne, elle était devenue la, plus jeune directrice de France). Ce soir-là, elle a dîné avec un ami à Saint-Quentin (Aisne). En rentrant chez elle, d'une manière ou d'une autre, elle s'est retrouvée immobilisée au niveau de Cartigny (canton de Péronne, Somme). Sa 106 rouge y sera retrouvée, au bord de la D44, le lendemain. Elle a été embarquée dans une voiture, transportée jusqu'à un chemin vague de Tertry (canton de Ham) dix kilomètres plus loin, violée, tuée, brûlée. Huit ans après, son père entend sa voix« Au fait, pour Élodie, il n'y a rien de nouveau ? » Cette question, Jacky Kulik ne l'entend pas comme nous une fois par mois. Elle résonne dans sa tête chaque seconde que Dieu fait depuis huit ans. Le repos n'existe pas pour un père qui sait sa fille humiliée, anéantie et jamais vengée ; ni pour un mari qui chaque jour rend visite à une mère - sa femme - engloutie dans le sommeil d'un coma qu'elle a choisi parce que la réalité était devenue insupportable. « L'enquête n'a pas avancé cette année, j'en suis toujours à compter sur les prélèvements ADN réalisés sur les lieux du crime, convient-il à quelques jours de l'horrible anniversaire. Longtemps, j'ai espéré que la solidarité entre les criminels aurait une faille, que l'un d'entre eux parlerait et dénoncerait les autres mais j'y crois de moins en moins. J'attends maintenant qu'ils commettent un autre délit et que leur empreinte génétique les trahisse. Mais manifestement, ils se tiennent à carreau. » Rien de neuf ? Non, l'année 2009 a été celle d'une nouvelle épreuve affrontée avec courage par Jacky Kulik. « Dans la voiture de ses agresseurs, ma fille a pu actionner son téléphone et appeler les pompiers. On dispose de vingt-huit secondes d'enregistrement. Jusqu'à présent, je n'avais pas écouté cette bande. Tout le monde m'en avait dissuadé tant elle est horrible. Cette année, j'ai voulu l'écouter. J'avais le vague espoir de reconnaître une voix. Ça n'a pas été le cas. C'est impossible à cause des cris. Mais je sais qu'ils sont au moins trois et qu'ils sont du coin. Leur accent, c'est un accent picard. » Son accent à lui, c'est celui de la peine, du désarroi, de la colère et d'une infinie dignité. Il mérite de savoir. TONY POULAIN Source: http://www.courrier-picard.fr/courrier/Actualites/Info-regionale/Elodie-huit-ans-interminables
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