23 janvier 2010

 

La traque des meurtriers d’Elodie Kulik “ne cessera pas”

Nathalie Mazier, le samedi 9 janvier 2010 à 04:00


Trois gendarmes travaillent depuis huit ans à temps plein pour élucider le meurtre d’Elodie Kulik, une jeune banquière de Péronne (Somme), violée, tuée et brûlée.

2002, année macabre dans la Somme. En sept mois, trois jeunes femmes sont assassinées. En janvier, Elodie Kulik, 24 ans, est violée et étranglée. Au mois de juillet, Patricia Leclercq, 19 ans, connaît le même sort. Un mois plus tard, Christelle Dubuisson, 18 ans, est tuée à l’arme blanche. Un homme, Jean-Paul Leconte, a été condamné pour les meurtres de Patricia et de Christelle. Personne ne l’a encore été pour celui d’Elodie.

Huit ans après, personne n’a oublié la mort atroce de la jolie banquière aux cheveux blonds. Depuis, les gendarmes de la section de recherches d’Amiens continuent sans relâche à chercher les assassins. Ils sont trois, voire quatre enquêteurs à travailler à temps plein sur ce dossier au sein de la « cellule homicide, viol, banquière 80 », ou plus simplement cellule Kulik. Depuis le 12 janvier 2002, date de la découverte du corps d’Elodie Kulik, ils explorent des pistes, entendent des témoins, effectuent des vérifications, attendent que l’ADN parle enfin.


Auteurs inconnus de la justice ?


« On ne baisse pas les bras, il y a encore beaucoup de travail à faire », indique le second directeur d’enquête, le maréchal des logis-chef Fabrice Debard, assis à son bureau. Avant de prendre cette fonction, il a travaillé quatre ans sur le meurtre. Dans cette affaire, tous les militaires sont comme lui, « fortement imprégnés » du dossier, assure-t-il. Dans cette petite pièce, spécialement dédiée à l’affaire Kulik, des cartes routières sont affichées aux murs, des schémas, particulièrement complexes, mettent en avant les éléments du dossier relatifs à l’ADN. Dans les armoires, quelque 9.500 pièces de procédure sont soigneusement rangées dans des classeurs. 

Huit ans après le meurtre, les enquêteurs reçoivent encore des appels, des lettres, anonymes ou non. Il y a aussi les renseignements fournis par d’autres enquêteurs partout en France. Autant d’éléments à vérifier. Autant de « portes » qui s’ouvrent puis se referment. Aujourd’hui, les enquêteurs ont « quatre grosses pistes de travail », précise le directeur d’enquête. Et d’ajouter : « Ce qui fait la difficulté de cette affaire, c’est que les auteurs sont peut-être des gens qui ne sont pas connus de la justice, c’est peut-être un dérapage d’un soir, on ne sait pas. »


ADN du violeur


Ce soir du 10 janvier 2002, Elodie quitte la Banque de Picardie à Péronne, une ville située à une cinquantaine de kilomètres à l’est d’Amiens. La jeune femme entame brillamment sa carrière : elle est la plus jeune directrice de banque de France. Elle a prévu de rejoindre un ami pour dîner à Saint-Quentin, à une trentaine de kilomètres de là. 

Ensemble, ils se rendent au Nouveau Pavillon de Shanghai, un restaurant chinois situé dans la commune. La jeune femme boit ensuite un thé chez son ami, à Saint-Quentin. A 23 h 30, elle reprend la route en direction de son domicile de Péronne. A bord de sa Peugeot 106 rouge, elle emprunte la route départementale, très peu fréquentée à cette heure-là. Il fait froid, la route est gelée, la circulation est difficile à cause du brouillard. Elodie est victime d’un accident de la route. A 0 h 21, la jeune femme appelle les pompiers. Au bout du fil, la jeune femme hurle. Après étude de la bande, plusieurs voix d’hommes y sont décelées. Mais aucun n’est identifié. La voiture d’Elodie sera retrouvée le lendemain soir dans un champ en bordure de la D44 sur la commune de Cartigny. Le 12 janvier, à 10 h 45, à six kilomètres de là, un agriculteur découvre le corps d’Elodie, partiellement dénudé et brûlé, dans une petite décharge à Tertry.

Comment les agresseurs ont-ils abordé la jeune femme ? Les enquêteurs l’ignorent. Tout comme ils ne savent pas si l’accident de voiture précédant le crime était volontaire ou non. Les gendarmes disposent de « plusieurs ADN complexes », disent-ils. Mais il y a aussi un ADN nucléaire qui est celui du violeur. Son porteur n’a pas été identifié. Plus de 5.000 prélèvements ont déjà été effectués pour y parvenir. Mais ce manque de réussite n’altère pas l’espoir du maréchal des logis-chef Debard : « L’auteur des faits, je pense qu’on le trouvera. Ce n’est pas une enquête facile, il faut de la chance et cette chance, on l’aura un jour ou l’autre. »

Pour les personnes qui pensent disposer d’informations sur cette affaire, contactez la section de recherches d’Amiens au 06.11.56.54.49 ou au 03.22.53.69.13. Ou écrivez au 107, rue d’Elbeuf, 80000 Amiens.

Source: 

http://www.francesoir.fr/faits-divers/2010/01/09/affaire-elodie-kulik.html