13 janvier 2009

VIOLAINES (62) Élodie Kulik : sept ans déjà depuis le meurtre 


Au cours de la nuit du 10 au 11 janvier 2002, la jeune banquière a été violée puis tuée dans des conditions horribles. Depuis, Jacky Kulik, son père, ne vit plus que pour une chose : pouvoir dire à sa femme Rose-Marie, qui a fait une tentative de suicide l'ayant plongée dans le coma en juillet 2002, que les meurtriers sont arrêtés. Les gendarmes lancent un appel à témoins. 

« Ça fait sept ans que j'attends le coup de téléphone qui m'annoncera enfin que les assassins de ma fille Élodie, tuée en janvier 2002, sont arrêtés. » Jacky Kulik, receveur des postes à la retraite, est assis dans le salon de sa maison de Violaines dans le Pas-de-Calais. 

Devant lui, sur une table, sont étalées des photographies, que Jacky Kulik a du mal à regarder, car elles lui rappellent des instants de bonheur de cette époque où Élodie, cette belle jeune femme, était heureuse et souriait à la vie. « C'était avant qu'ils ne me la massacrent », commente Jacky Kulik. 

« Penser à ce que ma fille a enduré avant de mourir »
La vie n'a rien épargné à Jacky Kulik. Il y a 32 ans, à la suite d'un accident de la route survenu à Laon, ses deux enfants Laurent et Karine décèdent, mais Jacky et son épouse Rose-Marie sont des battants et la vie reprend son cours. 

Élodie voit le jour en 1977, suivie quelques années plus tard d'un petit frère. Deux enfants qui ne donneront que des satisfactions à leurs parents, mais le drame survient en janvier 2002 lorsque Jacky et Marie-Rose reçoivent un coup de téléphone leur annonçant la mort d'Élodie. « Le plus terrible c'est de penser à ce que ma fille a enduré avant de mourir. » 

L'écho du meurtre de Patricia Leclerc
Cette fois, la douleur est trop forte pour cette famille qui essaie de trouver la force de continuer à vivre, malgré tout. 

Mais cette famille va, à nouveau être marquée par un drame. En juillet 2002, la presse se fait l'écho du meurtre, précédé d'un viol, de Patricia Leclerc, cette jeune fille de 22 ans, tuée par Jean-Paul Leconte à quelques kilomètres d'Albert dans la Somme. 

Rose-Marie ne supporte pas d'apprendre cette triste nouvelle. Le 20 juillet 2002, elle avale des produits toxiques et sombre dans un profond coma, irréversible. 

La promesse faite à sa femme
« Rose-Marie est dans un coma neurovégétatif. Elle a les yeux ouverts mais ne voit pas. Mais je lui parle. Je me dis que, peut-être, elle m'entend tout de même. » 

Chaque jour ou presque, la vie de Jacky Kulik est rythmée de la même façon. Le matin, il reste dans sa maison, fait le ménage, s'occupe de son jardin quand le temps le permet. Puis vers 12 h 30, il quitte son domicile et se rend au centre voisin où sa femme est hospitalisée. Il reste à côté d'elle, lui parle de la vie, fait le point sur l'enquête menée par les gendarmes. 
« J'ai fait une promesse à Rose-Marie. Je lui ai juré qu'un jour je lui dirai, ça y est, on a arrêté ceux qui ont tué notre fille. Je m'accroche à cette idée, et je me dis que, peut-être, ça pourrait réveiller quelque chose en elle. » 

Se préparer au procès
Les rares jours où Jacky Kulik ne se rend pas à l'hôpital, il assiste à des procès avec ses amis de l'association « Angélique, un ange est passé », du nom de cette jeune femme assassinée dans un bois de l'Oise. Jacky Kulik va soutenir des familles elles aussi marquées par l'assassinat d'une fille, ou d'une femme. C'est aussi pour lui l'occasion de regarder les tueurs dans les yeux et de se préparer au procès, qu'il espère proche, de ceux qui ont tué Élodie. 

Jacky Kulik pense souvent à ces hommes. Il leur a adressé des messages à travers la presse, pour qu'ils se rendent, des messages qui n'ont pas été entendus. Alors aujourd'hui il n'a plus qu'une chose à leur dire : « Quand on vous trouvera, on s'occupera de vous. » 

GEORGES CHARRIÈRES 

Source: http://www.courrier-picard.fr/