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EDITO / Juillet 2007 |
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Les mères voilées peuvent-elles encadrer les activités périscolaires de leurs enfants ?
La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité
(HALDE) vient de prendre
une délibération[1]
qualifiant de discriminatoire le refus opposé aux mères voilées
d'enfants scolarisés de
participer à des activités d’accompagnement et/ou d’encadrement
dans le cadre de sorties scolaires
. Ces femmes de confession musulmane ont ainsi entendu attirer
l’attention de la HALDE sur l’existence de règlements intérieurs
d’écoles interdisant le port de signes religieux « à toutes les
personnes participant à une activité éducative », aux «
personnes contribuant au service public de l’éducation quels que
soient leurs fonctions et leur statut » ou encore « aux parents
accompagnateurs lors de sorties ». Ces mères voilées
peuvent-elles être
assimilées à des usagers de ce service public qu’est
l’enseignement ? Nous ne le pensons pas, mais peu importe dans la
mesure où la HALDE a rappelé en 2006 que « le principe de
neutralité
s’impose aux seuls
agents du service public et non à ses usagers ».[2]
La qualité d’agent du service public
de l’enseignement ne
saurait de surcroît leur être reconnue. Ces personnes sont donc placées
dans une catégorie intermédiaire, celle du collaborateur occasionnel au service public
(COSP).
Peut-on alors retenir que le parent encadrant une activité périscolaire,
placé sous la responsabilité de l'enseignant en charge de la classe,
doit être assimilé à un collaborateur occasionnel du service public
et être ainsi obligé au respect du principe de neutralité
? Il est dans l’esprit
du temps de vouloir opposer à tous le
principe de neutralité
dans les services
publics. Ainsi, le rapport Rossinot
du 13 septembre 2006 intitulé « La laïcité
dans les services
publics » préconise-t-il une consécration législative du principe de neutralité des agents
publics et des collaborateurs du service public. De même, l’avis formulé en janvier 2007 par le Haut Conseil à l’Intégration
sur le projet de Charte de la laïcité
dans les services
publics a invité « au respect de la laïcité l’ensemble des
acteurs concourrant au fonctionnement des services publics. »
Le Haut Conseil a ainsi proposé d’inclure dans cette Charte les
dispositions suivantes : « Le principe constitutionnel de
laïcité impose à tout agent public et à tout collaborateur du
service public un devoir de stricte neutralité, le traitement égal
de tous les individus et le respect de la liberté de conscience ».[3]
Toutefois, le texte définitif publié par circulaire en date du 13
avril 2007 mais dépourvu de valeur normative, ne dit plus un mot sur la
neutralité
du collaborateur du
service public. Dès lors, au regard tant de la position retenue par la
HALDE que du principe selon lequel, la liberté doit demeurer la règle
et la restriction, l’exception ; il convient prudemment et
raisonnablement de convenir qu’en l’absence de lien contractuel
entre l'administration et le collaborateur
occasionnel au service public, le principe de
neutralité
n’a pas lieu de lui être
appliqué. Sébastien Lherbier-Levy [1]
Délibération n° 2007 - 117 du 14 mai 2007 ; Emmanuel
Tawil , « Pour la Halde, les établissements scolaires ne
peuvent pas interdire aux mères d'élèves le port du foulard
islamique », Semaine
Juridique Administrations et Collectivités territoriales n° 26, 25
Juin 2007, 2171. [2]
Délibération n° 2006-131 du 05/06/2006 : s’agissant
de l’exclusion jugée discriminatoire d'une personne qui, ayant
refusé d'ôter son voile pour participer à une cérémonie de
remise de décrets de naturalisation [3]
voir à ce
sujet, Claude
Durand-Prinborgne, « Autour du projet de charte de la laïcité
dans les service publics », AJDA 2007, p. 721
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