|
EDITO novembre 2005 |
|
Du
bon usage de l’amendement parlementaire
En
effet, au cours de vérifications de comptabilité portant sur la période
comprise entre le 1er janvier 1992 et le 31 août 1996,
l'administration des Impôts a constaté que l'association "Les Témoins
de Jéhovah" avait recueilli des sommes d'argent enregistrées
dans sa comptabilité, au titre des années 1993 à 1996, sous la désignation
d'offrandes et qualifiées par l'Administration de "dons
manuels" . L'administration
fiscale, recourant à la procédure de taxation d'office, lui a alors
adressé une notification de redressement suivie d'un avis de mise en
recouvrement des droits, pénalités et intérêts de retard.
L'association a contesté cette décision, qui cependant a été
confirmée
par la Cour d'appel de Versailles le 28 février
2002, puis par la Cour de cassation le 5 octobre 2004.[1]
En
janvier 2005, un parlementaire avait déjà formulé une question écrite,
restée hélas sans réponse, à l’attention du ministre de l’économie,
afin de prendre connaissance des mesures que celui-ci entendait
prendre afin que ses services assurent le recouvrement des sommes
litigieuses Cet
amendement finalement rejeté par l’Assemblée nationale le 24
octobre lors de la 2ème
séance de discussion, ne pouvait constituer qu’un
appel tout aussi médiatique que symbolique au gouvernement afin
qu’il prête attention à la question de la mise en
recouvrement de cette somme. Le ministre délégué au budget a
cependant indiqué que ce
contentieux a fait l'objet d'un traitement normal, toutes les
garanties immobilières ayant été prises, plusieurs versements ayant
déjà eu lieu. Notons,
que suite à l’épuisement des voies de recours internes, la Fédération
chrétienne des Témoins de Jéhovah de France a annoncé avoir déposé
un recours (non suspensif) devant la Cour européenne des droits de
l'Homme en mars 2005. La recevabilité de la requête, n’a pour
l’heure, pas encore été examinée par l’instance européenne….
[1]
La lettre du droit des religions 2004, n°1, p. 4.
|