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EDITO juillet 2005 |
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Droit
administratif et religion musulmane : une question d’actualité…
C’est
dans le contexte d’une nouvelle affaire de « foulard
islamique » portée devant le tribunal administratif
de Lyon début juin[1]
que vient de paraître aux édictions Dallloz-Sirey, l’ouvrage de
Gilles Devers et Hafiz Chems-Eddine intitulé «Droit et religion
musulmane ». Ce livre, rédigé par deux praticiens du droit,
aborde avec rigueur un contentieux diversifié lié aux spécificités
du culte musulman. Le
présent numéro de la «Lettre du droit des religions »,
faisant écho à cet état de fait, reproduit les décisions les plus récentes
rendues par les juridictions administratives françaises sur ce point.
Dans une affaire concernant un détenu de confession musulmane condamné
à la sanction de la mise en cellule disciplinaire pour avoir participé
à une prière collective improvisée dans la cour de promenade, le
tribunal administratif de Caen[2]
a annulé cette dernière au motif que le requérant ne s’était ni
institué meneur de la prière collective, ni qu’il est eu conscience
de commettre une infraction. Dans
une autre affaire, la Cour administrative d’appel de Nancy[3]
a prononcé début juin l’annulation d’une décision préfectorale
ayant entre autre refusé la délivrance d’un passeport à une jeune
femme de confession musulmane, relevant qu’à l’époque des faits,[4]
aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe ne
permettait légalement à l’administration de subordonner la délivrance
d'un passeport à la fourniture par son demandeur d'une photographie
d'identité le représentant tête nue. Quant
à l’incontournable question du voile à l’école, le juge
administratif se prononce encore, en appel surtout, sur les cas rencontrés
antérieurement à l’application de la circulaire du 18 mai 2004
relative à la mise en œuvre de la
fameuse loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 sur la laïcité à l’école.
C’est ainsi, qu’une lycéenne ayant refusé de porter une tenue
compatible avec le bon déroulement des travaux pratiques de
physique-chimie et des cours d’éducation physique, la Cour
administrative d’appel de Douai[5]
a confirmé en mai le jugement du TA d’Amiens validant la sanction
prise suite au non respect par l’élève de son l’obligation
d’assiduité . Dans
une décision, qui s’inscrit cette fois dans le récent contentieux
de la « seconde génération », c'est-à-dire
intervenue depuis le vote de loi dite « sur le voile », le
tribunal administratif de Caen[6]
a entériné le 7 juin 2005, mais à l’aune de l’examen de la
conscience d’autrui, l’exclusion d’une jeune fille au motif que la
coiffe noire qu’elle portait était : « la marque
substitutive et la manifestation ostensible de son appartenance à la
religion musulmane. » Enfin, le cas des agents publics,
normalement privés d’extériorisation de leurs convictions
religieuses au titre de l’obligation de neutralité qui leur incombe,
a connu en mars une exception qu’il convient de relater. Cet agent du
service public hospitalier a fait l’objet d’une exclusion définitive
de ses fonctions en raison de son refus d’ôter son couvre-chef dans
l’exercice de ses fonctions d’aide-soignante. Cependant, le Tribunal
administratif de Versailles[7]
relevant qu’aucun texte n’interdit ni ne réglemente à l’intérieur
de l’établissement le port des coiffes ou des couvre-chefs par le
personnel soignant, en dehors des secteurs dits « à risques »,
n’a pas sanctionné le port de cette coiffe retenant de surcroît les
raisons d’hygiène tirées de la fragilité des cheveux de la requérante…
[1]
Le progrès, 10 juin 2005, L’exclusion de deux élèves musulmanes
au tribunal. [2]
Tribunal administratif de Versailles, n° 0406598, 24 mars 2005, M.
Mustapha B. [3]
Cour administrative de Nancy, n°01NC00831, 2 juin 2005, Mme
Delphine N. [4]
depuis est intervenu un décret du 26 février 2001 exige pour la délivrance
d’un passeport une photographie d’identité sans voile. [5]
Cour administrative de Douai, n°04DA00041, 12 mai 2005, M. et Mme
Fathi B.H. [6]
Tribunal administratif de Caen, n°S 0500334
- 0500343, 7 juin 2005, Mlle Belgin D. et M. et Mme Sedrettin
D. [7]
Tribunal administratif de Versailles, ord. Ref. n° 0501380, 10 mars
2005, Mme Jacqueline H.
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