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EDITO septembre 2003 |
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Résolution
du Parlement européen sur la situation des droits fondamentaux dans
l'Union européenne en 2002 : brefs commentaires autour de la
garantie de la liberté religieuse en Europe En
prélude à la tenue de la Conférence intergouvernementale (CIG de
Rome) qui débutera en octobre 2003, le Parlement européen vient
d’adopter le 4 septembre dernier une résolution sur la «
Situation des droits fondamentaux dans l'Union européenne en 2002 ».
A
cette occasion, l’Institution européenne s’est prononcée sur le thème
de la Liberté de pensée, de conscience et de religion. Aux points 32
à 35, le texte de la résolution retient que le Parlement : « 32. invite
les États membres et l'UE à favoriser le dialogue interreligieux dans
la mesure où il condamne toute forme de fanatisme et d'intégrisme,
ainsi qu'à garantir le principe de laïcité, ce qui n'exclut pas un
enseignement de la religion à l'école, un tel dialogue et un tel
enseignement devant accorder, proportionnellement, autant d'attention
aux conceptions non religieuses du monde; 33. tout
en approuvant les progrès intervenus en Grèce en matière de respect
de la liberté religieuse et de conviction, souhaite que la législation
pénale sur le prosélytisme soit abrogée et que les musulmans puissent
obtenir l'autorisation de construire des mosquées et de disposer de
cimetières où ils puissent inhumer leurs défunts dans le respect de
leur tradition religieuse; 34. recommande
une nouvelle fois à la Finlande et à la Grèce de modifier leur législation
sur la durée du service civil de remplacement afin d'en bannir tout
caractère punitif et discriminatoire; 35. met
une nouvelle fois les États membres en garde contre les agissements
dangereux de groupements à caractère sectaire qui menacent l'intégrité
physique ou psychique des individus et les invite à s'employer, sur la
base de leur législation pénale et civile ordinaire, à lutter contre
les pratiques illégales et dérives au sein de ces groupements à
caractère sectaire. » Dans
la rédaction de ces 4 paragraphes, les parlementaires ont d’une part
pris position sur la situation générale visant l’UE et les
Etats-membres et d’autre part, sur la situation de 2 Etats-membres en
particulier . S’agissant
de la situation des États membres et plus largement celle l'UE, 3 thèmes
sont abordés. Prioritairement, il est fait allusion au nécessaire
« dialogue interreligieux » devant préserver du fanatisme.
Cette référence fait écho au texte du projet de Constitution européenne
sans pourtant se prononcer sur l’éventuel partage de compétences
incombant soit aux Etats-membres, soit à l’UE. Ensuite,
les Etats-membres (mais aussi l’UE) ont l’obligation de garantir le
principe de laïcité. A défaut de définition du concept, la résolution
retient que ce principe n’est pas incompatible avec un enseignement
religieux à l'école. La conception ainsi retenue de la laïcité
demeure compatible avec les différents régimes en vigueur dans les
Etats-membres de l’UE. Quant à la situation de la France,
l’enseignement religieux dans les écoles publiques des départements
d’Alsace-Moselle (ainsi que plus largement le régime local toujours
en vigueur dans les territoires concordataires) n’est pas jugé
incompatible avec le principe constitutionnel de laïcité. Enfin,
le texte de la résolution invite les Etats-membres à demeurer
vigilants face au phénomène sectaire, appelant de ses vœux la mise en
œuvre de leur « législation pénale et civile ordinaire ».
La France s’est dotée depuis 2001 et suite à un long débat sur les
« sectes » inauguré par la publication d’un rapport
parlementaire en 1995, d’une législation spéciale répriment les
agissements sectaires. S’agissant
de la situation particulière de certains membres de l’UE, les
parlementaires européens ont
tenu à souligner l’attitude de la Grèce et de la Finlande vis à vis
des religions. La
République hellénique se voit tout d’abord reprocher la maintien de
sa « législation pénale sur le prosélytisme ». Le texte
de la résolution fait ici une référence directe à la jurisprudence
de la Cour européenne des droits de l’homme qui sanctionne depuis
1993 la Grèce et qui a garantit principalement aux adeptes du culte des
Témoins de Jéhovah leur liberté de religion. Par ailleurs, la résolution
invite la Grèce à plus de bienveillance (et d’égalité) vis à vis
de la construction de lieux de culte n’appartenant pas à
l’orthodoxie chrétienne. Le
gouvernement finlandais est sollicité quant à lui, au nom du principe
de non-discrimination, pour
garantir à ses ressortissants, l’accès à un service civil de
substitution au service militaire traditionnel de durée identique.
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