EDITO janvier 2005

Le port de signes manifestant une appartenance religieuse en milieu scolaire devant la CourEDH en 2005.
Par Sébastien Lherbier-Levy

Le site « droit des religions » connaît en ce début d’année 2005 sa premier mise à jour. A cette occasion, « la lettre du droit des religions » du mois de janvier 2005 vient être publiée. Résumant l’actualité du mois de décembre 2004, elle présente également une modeste réflexion autour d’une question qui a un temps occupé les médias en marge des traditionnelles fêtes de fin d’année, celle de savoir si le sapin de noël est ou non un emblème religieux, est si partant, il a sa place dans nos établissements scolaires publics.

Cette fin d’année 2004 a également été marquée au plan du droit des religions par un certain nombre de questions, qui fort probablement se poseront encore en 2005 et sur lesquelles nous aurons certainement l’opportunité de revenir.

Parmi ces questions, il en est une qui retient plus que les autres notre attention, celle du port de signes par les élèves manifestant une appartenance religieuse. C'est ainsi que le collège composé de cinq juges de la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme a accepté le 22 novembre 2004 le renvoi devant la Grande Chambre, en vertu de l’article 43 de la Convention européenne des Droits de l’Homme, de l’affaire Leyla Sahin c. Turquie (no 44774/98). Cette l’affaire concerne l’interdiction faite à une étudiante de porter le foulard islamique à l’université.  Par un arrêt du 29 juin 2004, la Cour avait dans un premier temps conclu à la non-violation de l’article 9 (liberté de pensée, de conscience et de religion) de la Convention. en France, cette décision avait alors eu un écho particulier, validant implicitement mais nécessairement les dispositions de la loi du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenus manifestant une appartenance religieuse dans les écoles. Le Conseil d’Etat français quant à lui a dors et déjà  rejeté dans un arrêt rendu le  8 octobre 2004 une requête introduite contre la circulaire d'application de la loi sur la laïcité introduite par L'Union française pour la cohésion nationale (UFCN) estimant qu’aucun des moyens invoqués par l'association requérante au nom du respect des croyances n'a emporté la conviction de la juridiction. La saga des affaires dites du « foulard islamique » connaît ainsi un nouveau rebondissement, suspendu à la décision à venir de la grande chambre de la Cour européenne des droits de l’homme…