Actualité Septembre 2005 

 

26 septembre 2005 Raël poursuit une ancienne adepte pour diffamation

26 septembre 2005 Relations entre Etat et religion: 18% des futurs enseignants ignorent qu'elles sont régies par une loi

20 septembre2005 Action judiciaire contre l’Unadfi accusée d'être "une police de la pensée"

13 septembre2005 Le texte de loi de 1905 "peut supporter un toilettage"

4 septembre2005 Belgique : la Chambre des députés a violé son devoir de prudence et fait preuve d'une grande indélicatesse dans la rédaction du rapport de la commission parlementaire d'enquête sur les sectes

1er septembre 2005 Un sénateur propose pour les associations un statut "d'utilité locale"

 

26 septembre 2005

Raël poursuit une ancienne adepte pour diffamation

Claude Vorilhon, alias Raël, poursuit pour diffamation devant la cour d'appel de Bordeaux une ancienne adepte de son mouvement. Il reproche à celle-ci la diffusion sur internet de propos qu'elle avait tenu lors d'une émission sur la chaîne de télévision canadienne TVA le 30 octobre 2002.

Il avait perdu en première instance et avait été condamné à verser 3.000 euros de dommages et intérêts, et 1.500 euros de frais de justice.

Me Yazid Benmeriem, avocat de Raël, affirme que l'ancienne guide-adjointe a tenu des propos diffamatoires envers le dirigeant des Raéliens, l'accusant d'escroquerie, de manipulation, et affirmant qu'il avait des problèmes fiscaux en France.

Selon lui, la cour ne peut se fonder sur le rapport d'enquête parlementaire qui classe le mouvement raëlien parmi les sectes pour juger de la bonne foi de l’ex-adepte.

L'avocat de celle-ci, Me Daniel Picotin, président de l'Association Info-Sectes Aquitaine, estime que Raël cherche "à faire taire une des premières adeptes à avoir osé témoigner à visage découvert" et "à obtenir une forme de crédibilité auprès d'une instance juridique".

26 septembre 2005

Relations entre Etat et religion: 18% des futurs enseignants ignorent qu'elles sont régies par une loi

 La laïcité est un sujet pas toujours bien assimilé. Près d'un étudiant en IUFM (Instituts universitaires de formation des maîtres) sur cinq (18%) ignore en effet que les relations entre Etat et religion sont régies par une loi de la République, considérant à tort qu'elles sont laissées "à la libre appréciation de l'Etat et des religions".

Selon une consultation de l'institut CSA réalisée pour le Syndicat des enseignants-UNSA, près de quatre futurs enseignants sur cinq (78%) savent en revanche que ces relations sont "définies par une loi de la République".

La laïcité paraît importante pour 98% d'entre eux, et même très importante pour 72%. L'enseignement public apparaît laïc à plus de huit sondés sur dix (84%).

Pour les étudiants en IUFM, la laïcité est avant tout un savoir-vivre ensemble (62%), puis un apprentissage de la liberté de conscience (45%), un apprentissage de l'autonomie du jugement fondé sur la raison (45%), un apprentissage de l'émancipation des emprises idéologiques (18%).

La laïcité fait partie de la formation des enseignants. Ainsi, 82% déclarent que la question de la laïcité a été abordée durant leurs études. Pourtant, 54% des futurs enseignants ne se considèrent pas bien formés pour faire appliquer la loi relative à l'interdiction des signes religieux ostensibles. Ils affirment que le contenu et l'application de cette loi n'ont pas été traités au cours de leur formation initiale. Une grande majorité (89%) se disent pourtant favorables à la loi.

Pour eux, l'enseignement du fait religieux à l'école se traduit en premier lieu comme un apprentissage du "rôle des religions au cours de l'histoire et dans la culture" (81%). Douze pour cent citent "l'influence des religions sur les idées", 11% "la possibilité de se retrouver autour de valeurs communes" et 8% seulement "l'enseignement religieux des diverses confessions".

Pour consolider la laïcité à l'école, les futurs enseignants sont notamment partisans de "favoriser l'accès aux écoles publiques de proximité" et "améliorer la mixité sociale" (53% et 51%).

Consultation menée en mai et juin auprès d'étudiants en IUFM, à laquelle 1.754 étudiants ont répondu par Internet ou sur un questionnaire papier.

20 septembre2005

Action judiciaire contre l’Unadfi accusée d'être "une police de la pensée"

Un collectif d'avocats lié à l'association « Cap pour la liberté de conscience » poursuit devant le tribunal de grande instance (TGI) de Paris l'Unadfi, spécialisée dans l'information sur les sectes, pour demander sa dissolution en l'accusant d'être "une police de la pensée". "Pour la première fois", selon l'un de ces avocats, une action est intentée pour demander la dissolution de l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu (Unadfi).

Ce collectif, lié à l'association "Cap pour la liberté de conscience" qui se présente comme "un tremplin d'information et d'action pour les individus et les groupes" victimes d'une "chasse aux sorcières" anti-sectes, demande également des dommages-intérêts pour une dizaine de personnes, adhérents ou proches de NMR, qui auraient eu à subir des préjudices liés à des dénonciations de l'Unadfi.

Tour à tour, les avocats de ces personnes, s'exprimant devant la 1ère chambre du TGI de Paris, ont qualifié l'Unadfi de "Big Brother", de "police de la pensée", voire de "bras armé des Renseignements généraux", animée par un nouveau "maccarthysme".

L'Unadfi, défendue par Me Serge Tubiana, ex-président de la Ligue des droits de l'homme (LDH) et son antenne du Nord, représentée par Me Denis Lequai, ont dénoncé, derrière le paravent d'une association pour la liberté de conscience, "un groupe faisant le panégyrique de mouvements à qui on peut reprocher des pratiques sectaires" . Le jugement est attendu pour le 15 novembre.

13 septembre2005

Le texte de loi de 1905 "peut supporter un toilettage"

Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a estimé que le texte de la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l'Etat "peut supporter un toilettage", en ouvrant un colloque sur le centenaire de cette loi à l'Académie des sciences politiques et morales à Paris. Cette loi, a souligné le ministre, a "été adoptée dans un climat de combat, alors qu'un siècle plus tard, nous sommes dans un climat d'apaisement", de la société civile face à la question des religions.

"En un siècle, la France a changé", a noté M. Sarkozy. Si la loi de 1905 est "un bon texte, un texte fondateur, important, solide", alors, si un texte est aussi fort qu'on le dit, il peut supporter un toilettage.

"Les textes "peuvent être adaptés sans que soit brisé le moins du monde le consensus autour d'eux", a-t-il ajouté, en jugeant que "jamais un ministre de l'Intérieur ne s'est senti autant ministre des Cultes".

4 septembre2005

Belgique : la Chambre des députés a violé son devoir de prudence et fait preuve d'une grande indélicatesse dans la rédaction du rapport de la commission parlementaire d'enquête sur les sectes

Pour la première fois en Belgique,  la cour d'appel de Bruxelles a estimé que la Chambre des députés a violé son devoir de prudence et fait preuve d'une grande indélicatesse dans la rédaction du rapport de la commission parlementaire d'enquête sur les sectes, déposé le 28 avril 1997. Cette violation, précise la cour, a porté atteinte à l'image de l'Eglise universelle du royaume de Dieu au sein de la population - un mouvement protestant pentecôtiste d'origine brésilienne. L'arrêt condamne le Parlement au paiement d'un euro symbolique.

En juin 1998, l'Eglise universelle du royaume de Dieu et trois de ses administrateurs avaient assigné l'Etat belge, représenté par le président de la Chambre, parce qu'ils estimaient que les passages du rapport parlementaire qui les concernaient donnaient une image erronée de l'ASBL et que la commission avait fait preuve de négligence en la matière.

Dans son arrêt du 28 juin 2005, la cour d'appel reproche à la commission d'avoir, dans son rapport adopté par la Chambre, formulé les assertions de manière affirmative et sans réserve. Assertions entourées par une série de faits et constatations également formulés sans la moindre réserve. La cour estime que, comme pour tout propos ou texte, le contrôle de ce qui doit être imprimé doit s'effectuer en tenant compte de l'ensemble du contexte que l'on peut supposer connu d'un lecteur attentif. La cour attribue aussi à la commission une autorité spécifique dans la mesure où celle-ci signale s'être elle-même soumise à l'objectivité, à la vérité et à la responsabilité. La cour relève encore la portée particulièrement lourde du contenu de certains extraits du rapport où l'organisation est accusée de graves délits, dans deux cas sans aucune réserve.

La cour reproche aussi au document de rester particulièrement vague à propos des sources d'informations et de ne pas établir de distinction, ou à peine, entre des faits ayant une certaine vraisemblance et de pures assertions.

Le président de la Chambre a déploré que cet arrêt ouvre dangereusement la porte au contrôle judiciaire sur ce qui se dit au Parlement. Ceci va à l'encontre de la plus élémentaire des immunités du parlementaire : l'irresponsabilité qui lui permet de voter et d'exprimer librement, oralement et par écrit dans tout document officiel, des opinions dans l'exercice de son mandat sans encourir aucune responsabilité civile ni pénale.

1er septembre 2005

Un sénateur propose pour les associations un statut "d'utilité locale"

Les associations non éligibles aux avantages liés à la reconnaissance d'utilité publique pourraient bénéficier d'un statut "d'utilité locale", aux termes d'une proposition de loi du sénateur vendéen Bruno Retailleau, dont le texte a été distribué le 1er septembre 2005 au Sénat. Réservée aux associations "assurant une réelle mission d'intérêt public local", la "reconnaissance d'utilité locale", au niveau du département, leur assurerait les "mêmes droits et obligations que ceux des associations reconnues d'utilité publique", permettant ainsi la mise en oeuvre d'un "mécénat de proximité".

La proposition de M. Retailleau pose également le principe selon lequel "les associations assurent une protection à leurs dirigeants en cas de poursuites pénales pour des faits relatifs à une faute non intentionnelle et non détachable de leurs fonctions".

L'auteur souligne que le mouvement associatif en France représente 1 million d'associations, 12 millions de bénévoles, 22 millions d'adhérents et près de 45,7 milliards d'euros de budget, "dont la moitié est financée sur les fonds publics".

Mais seules les "grandes associations nationales" peuvent bénéficier des avantages fiscaux et juridiques liés à la reconnaissance d'utilité publique.