29 septembre 2009
La liberté de culte en Grèce reste sujette à des limitations (Médiateur)
Les autorités grecques continuent de faire obstacle à l'ouverture de lieux de culte non-orthodoxes, violant les obligations internationales du pays, a dénoncé mardi le Médiateur grec du citoyen.
Cette pratique s'est aggravée depuis 2006 après une période de "normalisation" qui avait suivi les nombreuses protestations des minorités religieuses et plusieurs condamnations du pays par le Tribunal européen des droits de l'homme, a relevé le Médiateur dans un communiqué.
Selon ce texte, "la résurgence du problème semble découler d'un choix de l'administration", après un avis pourtant non-contraignant du Conseil juridique de l'Etat prônant que les lieux de culte ne "portent en aucun cas atteinte" à la religion orthodoxe, qualifiée de "dominante" par la Constitution.
Les discriminations frappent surtout les communautés évangélistes, pentecôtistes et des Témoins de Jéhovah, grossies ces dernières années par l'arrivée de nombreux migrants, a précisé à l'AFP Andréas Takis, chargé des Droits de l'Homme dans les services du Médiateur.
Mais l'excès de zèle orthodoxe, dans un pays où l'Eglise, non-séparée de l'Etat, jouit d'une énorme influence, frappe aussi les musulmans, dont les mariages religieux peuvent ne pas être reconnus par l'Etat civil au motif qu'ils ont été célébrés dans des mosquées illégales, a-t-il ajouté.
En dépit de promesses officielles, les musulmans en Grèce ne disposent toujours d'aucun lieu de culte officiel, en dehors de la région de Thrace, dans le nord-est, où vit une minorité de souche turque.