16 septembre 2009
Interdiction du voile à Anvers : une étudiante musulmane déboutée
Le Conseil d'Etat belge a rejeté mardi la demande d'une élève d'un lycée public d'Anvers (nord) qui réclamait l'abolition du règlement intérieur de son école interdisant depuis le 1er septembre le port du voile.
Dans son arrêt publié sur son site internet, la plus haute juridiction administrative du royaume se fonde sur un vice de procédure : la plainte a été introduite trop tard.
Cette décision ne tranche donc pas sur la question, plus générale, de la "légalité" de ce type d'interdictions, jusqu'ici considérées en Belgique comme étant du ressort de la direction de chaque établissement.
L'"auditeur" (rapporteur) de la juridiction administrative avait pourtant estimé mardi dernier, dans un avis non-contraignant, que seul le "Conseil de l'enseignement", qui en Flandre, la région néerlandophone du nord de la Belgique, chapeaute les écoles publiques, était en droit de prendre la décision d'autoriser ou d'interdire le port du voile dans l'ensemble de ses écoles.
Sans attendre la décision finale du Conseil d'Etat, les responsables du Conseil de l'enseignement néerlandophone avaient opté vendredi pour une interdiction générale du port du foulard musulman dans les 700 écoles financées par le ministère flamand de l'enseignement, alors que seules un tiers d'entre elles l'interdisaient officiellement jusqu'ici.
Compliquant encore un peu plus la situation, les quelque 300 écoles anversoises -qu'elles dépendent du ministère, de la municipalité, de la province ou du réseau catholique, majoritaire- ont dans la foulée décidé elles aussi d'interdire le foulard dans tous leurs établissements à partir du 1er septembre 2010.
En réponse, des responsables ont annoncé l'ouverture de lycées "musulmans" pour accueillir les jeunes filles voilées.
Le même débat sur le port du voile à l'école agite également côté francophone, en Wallonie (sud) et à Bruxelles, mais les partis politiques n'ont pas montré d'empressement à décider une règle commune pour l'ensemble des écoles.
Ils attendent pour trancher les résultats d'"assises de l'interculturalité" qui se dérouleront jusqu'en février 2010.