31
octobre 2011
Des rabbins européens se penchent sur l'abattage rituel interdit aux Pays-Bas
La plus grande réunion de rabbins européens depuis l'Holocauste s'est ouverte lundi à Varsovie pour évoquer notamment la question de l'abattage rituel d'animaux interdit récemment aux Pays-Bas.
La question brûlante et unique pendant cette conférence est celle de la shehita ou la méthode casher de l'abattage rituel des animaux, a indiqué
le grand rabbin de Pologne, Michael Schudrich.
Il doit bien y avoir un endroit où les droits religieux rencontrent ceux des animaux. Pour nous, c'est ridicule parce que la shehita est une méthode humanitaire, a-t-il déclaré.
En juin, les Pays-Bas ont adopté une loi exigeant que les animaux soient étourdis avant l'abattage juif casher ou musulman halal, à moins qu'il soit prouvé qu'ils souffrent moins lors d'un abattage sans étourdissement.
Les chefs religieux juifs et musulmans estiment qu'en étourdissant les animaux on viole les règles de l'abattage rituel.
Nous nous rappelons bien que la dernière fois où la shehita était interdite dans beaucoup de pays en Europe c'était sous l'occupation nazie, a noté M. Schudrich.
Même si personne ne dit que les Pays-Bas sont nazis cela réveille de mauvais souvenirs, a-t-il ajouté.
Considérant l'interdiction néerlandaise comme un malentendu énorme, M. Schudrich a insisté sur le fait que la tradition de l'abattage casher, vielle de 4.000 ans, est l'une des méthodes les plus sensibles et humanitaires d'abattre un animal - qui meurt dans les secondes qui suivent.
Il semble que les problèmes actuels des Pays-Bas sont moins liés aux aspects humanitaires réels de la shehita qu'à leurs problèmes internes avec des minorités, a observé M. Schudrich.
Pendant deux jours, la 27e convention de la Conférence des rabbins européens traitera par ailleurs des problèmes de la foi et de la sécularisation.
A l'époque de la laïcité et de l'athéisme, comment transmettre à nos jeunes l'engagement et le dévouement à notre spiritualité et à notre tradition religieuse, a expliqué M. Schudrich en soulignant le fait symbolique d'organiser cette conférence en Pologne.
La Pologne fut la terre d'accueil de la plus grande communauté juive en Europe avant l'Holocauste. En 1939, il y avait environ 3,5 millions de Juifs en Pologne, dont 350.000 à Varsovie. La communauté juive représentait 10% de la population polonaise et le tiers de celle de la capitale.
Sur les six millions de Juifs exterminés par l'Allemagne nazie, la moitié étaient polonais.
Aujourd'hui, la communauté juive en Pologne compte entre 40.000 et 50.000 membres.
La réunion à Varsovie est un signe de reconnaissance pour la renaissance d'une communauté juive vivante en Pologne et pour le rôle important joué aujourd'hui par la Pologne en Europe, pour sa sensibilité et sa compréhension des questions juives et israéliennes, a souligné M. Schudrich.