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octobre 2007
Le paysage religieux suisse bouleversé Sur mandat du Conseil fédéral, le Fonds
national suisse lance un nouveau programme d'étude.
Les bouleversements du paysage religieux de la
Suisse sont au cœur d'un nouveau programme du Fonds
national suisse. Ce dernier a lancé hier - sur
mandat du Conseil fédéral - le PNR 58 sur le thème
des «religions en Suisse». Son but: «élaborer
des recommandations concrètes pour une future
politique religieuse de l'Etat». D'une durée de
trois ans, doté d'un budget de 10 millions de
francs, ce programme comporte 28 projets de
recherche répartis en six modules (voir l'encadré).
Les études seront menées dans les universités et
hautes écoles spécialisées, ainsi que dans des
bureaux privés. Deux tendances de fond marquent aujourd'hui le
paysage religieux suisse. D'un côté, la sécularisation,
qui se manifeste par l'affaiblissement de
l'attachement de la population aux Eglises. De
l'autre côté, la pluralisation, exprimée par
l'importance croissante de certaines religions non
chrétiennes et des collectivités chrétiennes
alternatives. Deux évolutions opposées, qui représentent
deux défis majeurs pour l'Etat et la société. «Le
lancement de ce programme reflète l'importance
prise ces dernières années par les thèmes
religieux dans la société suisse, explique Werner
Haug, membre du comité de direction du PNR 58. Il
est motivé par un intérêt politique de la part de
la Confédération et des cantons. Nous avons
constaté que de nouveaux groupes religieux posaient
la question de leur intégration dans les
institutions suisses. Il fallait analyser leurs
exigences et leurs besoins. Nous avons aussi voulu
savoir quel était le rôle actuel des Eglises
historiques, qui ont perdu beaucoup de leur
influence.» La pluralisation du paysage religieux est étroitement
liée à l'augmentation des migrations. Or, de
nombreux migrants construisent leur identité en
intensifiant leur attachement religieux. D'où la nécessité
pour la Confédération de comprendre les besoins
des nouvelles collectivités, afin d'éviter leur
ghettoïsation et, partant, un danger de
radicalisation. L'islam est la religion qui soulève
aujourd'hui le plus d'inquiétudes en Suisse. L'intégration
des musulmans - minorité religieuse la plus
importante du pays - et le désamorçage de certains
préjugés apparaissent prioritaires dans le
programme. Un module entier composé de cinq projets
de recherche est ainsi consacré aux musulmans. L'un
d'entre eux se penchera sur l'organisation de
l'islam en Suisse dans le but explicite de casser
certaines visions stéréotypées. Un autre
examinera la nécessité de former des imams et des
professeurs de religion islamique, afin de donner un
cadre théorique aux processus de décision
politique concernant un sujet d'actualité. La pluralisation du champ religieux permet
toutefois de trouver des modèles d'intégration réussis,
qui peuvent inspirer les autorités dans leur
approche de l'islam. Aussi le PNR 58 s'intéresse-t-il
également à d'autres minorités religieuses, comme
les juifs, les hindous, les bouddhistes et les
orthodoxes, qui semblent tous bien intégrés. Le
bouddhisme tibétain fait par exemple l'objet de
deux études. La première part du constat de
l'attrait qu'exercent les enseignements et pratiques
bouddhiques en Suisse. Une attraction qui n'aboutit
généralement pas à une conversion, mais qui
conduit les adeptes du bouddhisme à vivre avec une
deuxième identité religieuse. La seconde recherche
se propose d'observer la formation identitaire des
Tibétains de la deuxième et troisième génération
en Suisse, marquée par un regain d'intérêt pour
certains enseignements, rites et pratiques. En Suisse, les relations entre les diverses
communautés religieuses et l'Etat sont réglées
par les cantons. Avec le PNR 58, la Confédération
cherche-t-elle à reprendre l'initiative et à
transférer certaines compétences à Berne? «Le
programme n'a pas été élaboré dans cet esprit,
affirme Werner Haug. Certaines questions ne sont pas
purement cantonales. Ainsi, il revient à la Confédération
de garantir l'égalité de traitement entre les différentes
religions, et de veiller à la paix religieuse.» Six modules
Le module 1 étudie les collectivités
religieuses implantées depuis longtemps en Suisse
ainsi que les minorités religieuses apparues récemment
suite à des mouvements migratoires: les hindouistes
tamouls, les bouddhistes vietnamiens et tibétains,
les juifs et les orthodoxes. Les musulmans en Suisse Le module 2 se penche sur différentes problématiques
ayant trait à la minorité religieuse la plus
importante de Suisse. Il veut répondre notamment
aux questions suivantes: comment les collectivités
musulmanes se présentent-elles dans la sphère
publique? Comment défendent-elles leurs intérêts?
Comment les communautés non sunnites,
ultaminoritaires, s'organisent-elles? Les religions dans les institutions publiques Ce module traite de la fonction occupée par
les religions dans différents domaines laïcs de la
vie publique. Quel rôle la religion joue-t-elle
dans le travail social et dans la formation des
enseignants? Et dans l'univers carcéral? Les jeunes, l'école et la religion Dans le module 4, il est question de
l'attitude des jeunes à l'égard de la religion et
de la manière dont ils traitent les offres
religieuses et les limites fixées par la religion.
Quel rôle l'éducation et la formation religieuse
jouent-elles à la maison, au sein d'une collectivité
religieuse et à l'école? Les différentes formes de la vie religieuse Le module 5 s'intéresse à l'attitude des
individus à l'égard de la religion et de la
religiosité, ainsi qu'à la structure du paysage
religieux en Suisse. Comment le paysage religieux
suisse évolue-t-il en comparaison avec celui
d'autres pays? Quelles nouvelles formes de
religiosité et de pratique religieuse peut-on y
observer? Religion, médias et politique Le module 6 examine la présence publique de
la religion dans la société et dans la politique.
Quel rôle les médias jouent-ils? Quels thèmes
abordent-ils? Comment les médias influent-ils sur
l'action des collectivités religieuses et de leurs
membres?
Le PNR 58 a pour objectif d’étudier
scientifiquement ces évolutions en Suisse et de
fournir des résultats exploitables pour les autorités,
la sphère politique, les écoles et les collectivités
religieuses. Le but est de favoriser la compréhension
entre les collectivités religieuses, mais aussi des
collectivités religieuses envers les personnes sans
religion. Le PNR 58 contribue ainsi à une meilleure
entente entre les habitants de Suisse. http://www.pnr58.ch/f_index.cfm
Droitdesreligions.
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