3 octobre 2007 

Examen d'une plainte en diffamation contre le maire d'Asnières

 

Le tribunal de Nanterre a examiné le 2 octobre 2007 une plainte pour diffamation d'une réalisatrice de télévision contre le député-maire d'Asnières (Hauts-de-Seine), Manuel Aeschlimann, dans le cadre du conflit qui oppose la mairie à une fondation qu'elle soupçonne de dérives sectaires.

 

Le jugement a été mis en délibéré au 20 novembre.

 

La plainte avait fait suite à la distribution par la mairie d'Asnières, en mars 2007, de 40.000 exemplaires d'un dépliant de quatre pages sur la fondation Ostad Elahi.

 

Le dépliant distribué aux Asniérois, titré "La Miviludes donne raison à la mairie d'Asnières", citait nommément des associations et des personnes, dont la réalisatrice de télé Marion Sarraut, comme faisant partie de la "nébuleuse", un terme utilisé par la Miviludes.

 

Le premier adjoint au maire, Charles Caillet, y donnait aussi une interview dans laquelle il justifiait la détermination de la mairie en évoquant les "+ateliers éthiques+ pour des enfants de 4 à 10 ans, avec des +pédagogues+", organisés par la fondation.

 

Pour l'avocat de Marion Sarraut, Me Christian Charrière-Bournazel, cette phrase insinue que "l'association est un repaire de pédophiles en mal de crimes". La plainte a également été déposée contre M. Caillet.

 

Le parquet a estimé que Mme Sarraut, à l'époque membre du conseil d'administration de la fondation, ne représentait pas l'association et que sa plainte devait être jugée irrecevable. C'est aussi en ce sens que l'avocate du maire, Me Michèle Brault, a plaidé.

 

Dans ses observations, la Miviludes avait considéré qu'"en dépit de l'existence de nombreux éléments constitutifs de dérives sectaires, on ne peut pour autant déclarer que l'on est confronté à une organisation sectaire, faute de signalements de victimes clairement identifiées, de dommages aux familles ou de prosélytisme caractérisé".

 

Implantée à Asnières et à Baillou (Loir-et-Cher), la fondation, créée en 2000, porte le nom de son fondateur le philosophe iranien Ostad Elahi (1895-1974) et veut promouvoir "l'éthique et la solidarité humaine".

 

La Miviludes avait relevé que "le conflit reflète également de forts antagonismes entre un groupe de personnes, tous proches de Bahram Elahi (président actuel de la fondation et fils du fondateur, ndlr) et résidant dans cette commune (Asnières), et des membres élus ou salariés de la municipalité".


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