La ministre italienne de
l'Education s'est insurgée mardi contre la décision "idéologique"
de la Cour européenne des droits de l'Homme condamnant la présence de
crucifix dans les salles de classe italiennes, tandis que le gouvernement a
annoncé un recours.
"La présence du crucifix
dans les classes ne signifie pas une adhésion au catholicisme, mais c'est un
symbole de notre tradition", a affirmé Mariastella Gelmini.
"L'histoire de l'Italie
passe aussi à travers des symboles : en les supprimant on supprime une partie
de nous-mêmes. Dans notre pays, personne ne veut imposer la religion
catholique", a-t-elle affirmé.
"Personne, et encore
moins une cour européenne idéologique, ne réussira à supprimer notre
identité. Notre Constitution reconnaît en outre, justement, une valeur
particulière à la religion catholique", a-t-elle ajouté.
La Cour de Strasbourg a jugé
la présence de crucifix contraire au droit des parents d'éduquer leurs
enfants selon leurs convictions et au droit des enfants à la liberté de
religion.
Les juges ont estimé que la
croix pouvait aisément être interprétée par des élèves de tous âges
comme un signe religieux, signe qui peut être perturbant pour des élèves
d'autres religions ou athées.
La Cour a conclu à l'unanimité
à la violation de l'article 2 du protocole 1 (droit à l'instruction) en même
temps que de l'article 9 de la convention des Droits de l'Homme (liberté de
pensée, de conscience et de religion).
"Le gouvernement, bien
entendu, présentera un recours", a déclaré le ministère italien des
Affaires étrangères.
"La décision de la Cour
de Strasbourg vise à annuler nos racines chrétiennes (...) On est en train
de créer une Europe sans identité ni traditions. Maintenant, il devient
urgent d'insérer les racines chrétiennes dans la Constitution
italienne", a réagi pour sa part Alessandra Mussolini, petite-fille du
dictateur italien et parlementaire.
Ce verdict "piétine nos
droits, notre culture, notre histoire, nos traditions et nos valeurs", a
dénoncé le ministre à la Simplification administrative, Roberto Calderoli,
membre du mouvement populiste de la Ligue du Nord.
"Dans tous les cas de
figure, les crucifix resteront sur les murs de nos écoles où ils ont
toujours été, comme nous continuerons à avoir nos crèches ou à fêter Noël,
car nous sommes fiers de nos symboles et de leur signification", a-t-il
ajouté.