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10
novembre 2007
Sénat
Dimension
subjective de la différence entre la notion de secte et celle
de religion
13
ème législature
Question
écrite n° 02438 de M. Jean Louis Masson (Moselle - NI)
publiée
dans le JO Sénat du 08/11/2007 - page 2018
M.
Jean Louis Masson attire l'attention de Mme la ministre de
l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités
territoriales sur la part de subjectivité qui existe dans la
différence entre la notion de secte et celle de religion.
Aucune disposition législative ou réglementaire ne précise
cette différence. Des exemples historiques et les
comparaisons actuelles d’un pays à l’autre confirment
d’ailleurs cette dimension subjective. Ainsi à l’origine,
les premiers chrétiens étaient considérés comme une secte
particulièrement dangereuse devant être réprimée. De même
aujourd’hui, de nombreux pays européens considèrent que
les Témoins de Jéhovah ou l’Eglise de Scientologie sont
des religions (l’Espagne vient notamment de conférer le
statut de religion à l’Eglise de Scientologie). Or en
France, de nombreux politiciens font de la lutte contre les
sectes, un fond de commerce électoral. Il souhaiterait savoir
si, compte tenu des critères de liberté publique retenus
dans le cadre des accords internationaux signés par la France
(Convention internationale des droits de l’Homme, Convention
européenne des droits de l’Homme…), il n’y a pas un
risque qu’un jour, la France soit poursuivie en raison des dérives
de la lutte antisecte. En particulier, ces dérives risquent tôt
ou tard d’aboutir à ce qu’arbitrairement, certaines
religions soient assimilées à des sectes et victimes de rétorsions
diverses en totale contradiction avec les grands principes de
liberté de religion et de liberté de pensée héritées de
la Révolution française. Plus généralement, certaines
religions peuvent autant conduire que les sectes à des
atteintes graves aux personnes (abus sur les mineurs de la
part de sectes, mais aussi application de la charia par des
fondamentalistes musulmans…). Il lui demande si plutôt que
de dresser des listes noires ou de créer une distinction
arbitraire et imprécise entre secte et religion, il ne serait
pas préférable de réprimer les dérives au sens objectif du
terme tout en laissant pour le reste les croyants et notamment
les adultes croyants totalement libres d’adhérer et de
pratiquer la croyance qui leur convient.
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