1er mai 2008

 

Séisme de Marmara , "sanction divine": la Turquie condamnée par la CEDH

 

Imputer le séisme meurtrier de Marmara à une "sanction divine" frise l'obscurantisme mais n'est pas une incitation à la haine, a estimé mardi la Cour européenne des droits de l'homme.
Mehmet Kutlular, propriétaire du quotidien Yeni Asya avait organisé peu après le séisme du 17 août 1999 une commémoration de la mort du fondateur de l'école islamique "Nurcu", à la mosquée de Kocatepe, à Ankara.
Il avait distribué aux fidèles un supplément de son journal, affirmant que le séisme qui a tué environ 20.000 personnes était une "sanction divine" en raison "des pressions des militaires contre la religion" et "de l'ingratitude du peuple envers Dieu".
Il fut condamné le 9 mai 2000 à deux ans de prison par la Cour de sûreté pour avoir tenu des propos de haine dans le supplément de son journal puis dans ses discours.
Le directeur du journal a obtenu de la CEDH la condamnation de la Turquie pour une violation de sa liberté d'expression ainsi qu'une somme de 5.000 euros pour préjudice moral.
En donnant une signification religieuse à une catastrophe naturelle et en évoquant un lien avec l'attitude de la population à l'égard du gouvernement, "le discours est de nature à insuffler intolérance et obscurantisme", observe la Cour européenne dans son arrêt.
Mais "si choquants et offensants qu'ils puissent être", les propos du requérant "n'incitent pas à la violence et ne sont pas de nature à fomenter la haine contre les personnes qui ne sont pas membres de sa communauté religieuse, selon les juges de Strasbourg.

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