Les Témoins de Jéhovah ont
perdu vendredi le procès en diffamation qu'ils avaient intenté au député
Jean-Pierre Brard (app PCF), vice-président du groupe d'études sur les
sectes, qui en juillet 2006 avait dénoncé leurs agissements au cours d'un
reportage diffusé sur TF1.
"Je vais vous donner
trois exemples où (les Témoins de Jéhovah) sont de parfaits délinquants",
avait déclaré le député de Seine-Saint-Denis le 20 juillet 2006, ajoutant
: "Se soustraire à un impôt, condamner des personnes à mort en leur
refusant la transfusion sanguine ou couvrir des délits très graves comme la
pédophilie, vous voyez bien qu'on ne peut pas seulement s'en remettre à
l'opinion publique, mais qu'il y a des lois qui doivent être appliquées".
Vendredi, la 17e chambre du
tribunal correctionnel de Paris a jugé que ces propos étaient bien
diffamatoires, mais a accordé le bénéfice de la bonne foi au parlementaire,
également membre du conseil d'orientation de la Mission interministérielle
de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes).
Le tribunal a jugé que les déclarations
du prévenu devaient "être considérées comme ayant un fondement
suffisamment sérieux". "Bien que non dénuées de violence, elles
ne sauraient être regardées comme excédant les limites admissibles de la
libre opinion", a-t-il complété.
"Ce jugement est un véritable
réconfort pour tous ceux qui, au-delà de l'engagement des parlementaires
eux-mêmes, osent mettre en lumière la dangerosité des pratiques de
l'organisation des Témoins de Jéhovah", a réagi M. Brard dans un
communiqué.