31 janvier 2010
Crucifix dans les classes: l'Italie a
interjeté appel devant la Grande chambre de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH)
L'Italie a fait appel de sa condamnation en novembre pour la présence de crucifix dans les salles de classe, a-t-on appris vendredi auprès de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) à Strasbourg.
"La demande de renvoi devant la Grande Chambre, instance d'appel, vient d'être introduite" par le gouvernement italien, a indiqué Stefano Piedimonte, responsable du service de presse de la CEDH.
Elle va être examinée le plus vite possible par un collège de cinq juges, a-t-il précisé. Ce collège accepte la demande si l'affaire soulève "une question grave de caractère général" ou "une question grave" relative à l'interprétation de la Convention européenne des droits de l'Homme, selon l'article 43 de ce traité.
Si le collège accepte la demande de l'Italie, la Grande Chambre aura à se prononcer définitivement sur cette affaire dans un délai de quelques mois.
La condamnation de l'Italie, le 3 novembre par la Cour de Strasbourg, avait soulevé un tollé quasi-général dans la péninsule.
La Cour a jugé la présence de crucifix dans les salles de classe italiennes contraire au droit des parents d'éduquer leurs enfants selon leurs convictions personnelles et au droit des enfants à la liberté de religion.
Depuis 1984, le catholicisme n'est officiellement plus la religion d'Etat en Italie, mais l'ordonnance adoptée dans les années 1920 sous le fascisme imposant la présence des crucifix dans les écoles n'a jamais été abolie.
La Cour de Strasbourg avait été saisie par une mère de famille italienne, Solie Lautsi, déboutée par la justice italienne sur ce dossier.