14 décembre 2006

 La Roumanie divisée par un débat sans précédent sur la laïcité

Une plainte déposée par un enseignant appelant les autorités à retirer les icônes des écoles suscite un débat sans précédent sur la laïcité en Roumanie.

Professeur de philosophie dans un lycée de Buzau (est), Emil Moise a dénoncé la présence de symboles religieux --orthodoxes, en l'occurrence-- dans l'école fréquentée par sa fille.

Alors que l'Eglise orthodoxe compte près de 90% de fidèles sur une population de 21 millions d'habitants et jouit d'une très haute cote de confiance au sein des Roumains, la plainte de M. Moise a été reçue avec hostilité, seule une poignée d'organisations non gouvernementales saluant sa démarche.

A l'issue de débats animés, le Conseil roumain anti-discrimination (CNCD) a pour sa part demandé au ministère de l'Enseignement de "respecter le caractère laïque de l'Etat", en accrochant les icônes aux murs "uniquement pendant les cours de religion ou dans les espaces spécialement destinés à l'instruction religieuse".


Le débat sur la place de l'Eglise dans la société roumaine est toutefois loin de s'arrêter là. 

Un projet de loi sur "la liberté religieuse et le régime de cultes", qui vient d'être adopté par la Chambre des députés, a suscité de nouvelles critiques de la part d'ONG, qui dénoncent des articles "discriminatoires", favorisant l'Eglise orthodoxe, ou qui "enfreignent la liberté d'expression, en punissant les offenses aux symboles religieux".

 

 

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