10
décembre 2006
Italie
Le crucifix a une"fonction éducative"
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La question de la présence de crucifix dans les salles de classes ou les tribunaux italiens a rebondi dimanche dans la péninsule au lendemain d'un discours du pape revendiquant comme un signe de "saine laïcité" leur présence dans les lieux publics.
La question du crucifix est depuis longtemps l'objet de controverses entre catholiques et laïcs qui interprètent différemment ce que doit être la laïcité dans la République italienne.
Le Vatican pèse de tout son poids dans le débat en estimant que la laïcité n'interdit pas aux symboles religieux d'être présents et visibles dans la société car ils font partie des droits de l'Homme.
La Cour constitutionnelle italienne et d'autres tribunaux ont été saisis à plusieurs reprises du problème mais n'ont jamais ordonné qu'on enlève les crucifix dans les écoles.
Le Conseil d'Etat, la plus haute cour administrative, a encore très récemment autorisé dans un jugement du 13 février 2006 le maintien des crucifix dans les salles de classe car ils ont, selon elle, "une fonction symbolique hautement éducative qui transcende la religion embrassée par les élèves".
Le crucifix n'est pas un "objet de culte" mais un symbole "apte à exprimer le fondement élevé des valeurs civiles" avait indiqué le Conseil d'Etat en citant la tolérance, le respect réciproque, la valorisation de la personne, la liberté de conscience, la solidarité humaine, le refus de la discrimination qui "ont une origine religieuse mais qui sont devenus depuis les valeurs qui délimitent la laïcité dans l'organisation actuelle de l'Etat".
La présence des croix dans les écoles publiques découle de deux décrets royaux de 1924 et 1928 sur "le matériel scolaire" qui n'ont pas été abrogés par la constitution républicaine , ni par les accords du Latran de 1929 entre l'Italie et le Saint-Siège, ni enfin par les accords de 1984 qui les ont modifiés.
La présence de crucifix dans les salles des tribunaux remonte à une circulaire du 29 mai 1926 du ministère de la Justice et des Grâces qui n'a également jamais été abrogée.
Plus disputée a été la présence des crucifix dans les bureaux de vote (souvent des locaux scolaires) qui n'est ni prévue, ni interdite.
La Cour de Cassation a reconnu cependant dans un jugement de l'an 2000 qu'un citoyen pouvait refuser d'exercer les fonctions de scrutateur sous un crucifix en acquittant un homme qui avait refusé la présence de crucifix au-dessus des urnes au nom de la liberté de conscience.
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