Actualité Mai 2005 

 

31 mai 2005 : La cour d'appel de Paris appelée statuer sur les obsèques d'un musulman.
29 mai 2005 : Madrid remet en question le financement de l'église catholique
22 mai 2005 CFCM: Fouad Alaoui revient sur sa démission
18 mai 2005 Cour européenne des Droits de l’Homme : AUDIENCE DE GRANDE CHAMBRE LEYLA SAHIN c. TURQUIE
11 mai 2005 Le mouvement religieux des raéliens perd son procès contre le député Georges Fenech
6 mai 2005  Nouvelle crise au sein de l'Union des organisations islamiques de France 
5 mai 2005  Etats-Unis: accord avec le Vietnam sur les libertés religieuses 
2 mai 2005 Du bon usage de la procédure de référé devant le tribunal administratif

 


31 mai 2005 : La cour d'appel de Paris appelée statuer sur les obsèques d'un musulman.

La Cour de cassation a désigné mercredi 1er juin, la cour d'appel de Paris pour qu'elle tranche le litige entre une requérante qui souhaite enterrer son mari décédé le 13 mai selon le rite musulman, et les enfants du défunt issus d'un premier mariage, qui souhaitent faire incinérer leur père. Le 20 mai dernier, le tribunal d'instance de Lille, saisi par la veuve, a décidé qu'il appartenait aux enfants d'organiser les funérailles et de choisir le mode de sépulture de leur père. Leur belle-mère a voulu faire appel de la décision du tribunal lillois mais s'est retrouvée devant les portes closes de la cour d'appel de Douai le samedi 21 mai. Saisi le lundi, le président de la juridiction a estimé que l'appel était déposé hors délai et donc irrecevable. Cependant, la Cour de cassation a annulé cet arrêt mercredi expliquant qu'un délai d'appel qui expirerait normalement un samedi est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant. Elle a donc saisi la Cour d'appel de Paris qui doit statuer au plus vite sur les obsèques du défunt. Par ailleurs, le tribunal administratif de Lille doit statuer sur le recours déposé par les trois enfants Bergham contre un arrêté municipal qui suspend la crémation.

29 mai 2005 : Madrid remet en question le financement de l'église catholique

Le ministre espagnol de la Justice remet en cause le financement public de l'église catholique espagnole, estimant que l'accord actuel de prélèvement sur les impôts des contribuables le souhaitant "ne peut pas être indéfiniment maintenu", selon l'édition dominicale du journal "La Vanguardia". Depuis la conclusion en 1979 d'un arrangement entre le gouvernement de Madrid et le Vatican, les contribuables espagnols peuvent verser à l'église catholique 0,52% de leurs impôts sur le revenu. Or depuis 1989, cette contribution ne suffisant plus à répondre aux dépenses, le gouvernement verse la différence.

22 mai 2005 CFCM: Fouad Alaoui revient sur sa démission

Fouad Alaoui, secrétaire général de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), est officiellement revenu dimanche sur sa décision de démissionner du bureau exécutif du Conseil français du culte musulman (CFCM). Dénonçant des "pressions et des injonctions politiques" sur le CFCM, M. Alaoui avait démissionné de cette instance représentative de l'Islam en France dans une lettre datée du 3 mai rendue publique le lendemain.

18 mai 2005 Cour européenne des Droits de l’Homme : AUDIENCE DE GRANDE CHAMBRE LEYLA SAHIN c. TURQUIE

La requérante, Leyla Sahin, est une ressortissante turque née en 1973. Elle vit à Vienne depuis 1999, l’année où elle quitta la Turquie pour poursuivre ses études à la faculté de médecine de l’université de cette ville. Issue d’une famille traditionnelle pratiquant la religion musulmane, elle porte le foulard islamique afin de respecter un précepte religieux.

A l’époque des faits, elle était étudiante en cinquième année à la faculté de médecine de l’université d’Istanbul. Le 23 février 1998, le Rectorat de celle-ci émit une circulaire disposant que les étudiants barbus et les étudiantes portant le foulard islamique ne pouvaient être admis ni aux cours, ni aux stages, ni aux travaux dirigés. En mars 1998, la requérante se vit refuser l’accès aux épreuves écrites dans l’une de ses matières au motif qu’elle portait le foulard islamique. Par la suite, on lui refusa pour le même motif son inscription ou son admission à plusieurs cours, de même que l’accès aux épreuves écrites dans une matière. Par ailleurs, la faculté lui infligea un avertissement pour avoir enfreint le code vestimentaire de l’université, et l’exclut également pour un semestre en raison de sa participation à un rassemblement non autorisé visant à protester contre les règles sur les tenues vestimentaires. A la suite de l’entrée en vigueur d’une loi d’amnistie, les sanctions disciplinaires infligées à la requérante ont été annulées.

La requérante se plaint de l’interdiction qui lui a été faite de porter le foulard islamique à l’université, s’appuyant sur l’article 9 (liberté de pensée, de conscience et de religion) de la Convention européenne des Droits de l’Homme. Elle se dit également victime d’une atteinte injustifiée à son droit à l’éducation, au sens de l’article 2 du Protocole no 1 (droit à l’instruction) à la Convention. Par ailleurs, elle allègue une violation de l’article 14 (interdiction de la discrimination) combiné avec l’article 9, considérant que l’interdiction du foulard islamique oblige les étudiantes à choisir entre l’éducation et la religion et opère une discrimination entre croyants et non-croyants. Elle invoque enfin les articles 8 (droit au respect de la vie privée et familiale) et 10 (liberté d’expression).

La requête a été introduite devant la Commission européenne des Droits de l’Homme le 21 juillet 1998 et transmise à la Cour le 1er novembre 1998. Elle a été déclarée recevable le 2 juillet 2002.

Par un arrêt de chambre du 29 juin 2004, la Cour a conclu, à l’unanimité, à la non-violation de l’article 9 et a estimé que nulle question distincte ne se posait sous l’angle des articles 8 et 10, de l’article 14 combiné avec l’article 9 ainsi que l’article 2 du Protocole no 1 à la Convention.

Le 27 septembre 2004 la requérante a demandé le renvoi de l’affaire devant la Grande Chambre conformément à l’article 43 de la Convention (renvoi devant la Grande Chambre). Le 10 novembre 2004, le collège de la Grande Chambre a accepté ladite demande.

11 mai 2005 Le mouvement religieux des raéliens perd son procès contre le député Georges Fenech

La cour d'appel de Versailles a confirmé le jugement rendu le 3 décembre 2003 par le tribunal de grande instance de Nanterre qui avait déclaré nulles les poursuites des raéliens contre le député UMP du Rhône Georges Fenech, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

La cour, dans son arrêt rendu le 14 avril, a confirmé "en toutes ses dispositions" le jugement de Nanterre en déclarant "nulle et sans effet" l'assignation délivrée par l'association raëlienne à l'encontre de M. Fenech et de Nicolas de Tavernost, président du directoire de la société M6.

Le groupement considérait que les propos tenus par M. Fenech au cours de l'émission diffusée par la chaîne M6 le 14 avril 2002 étaient "consécutifs d'injure publique envers un particulier", et demandait la condamnation solidaire de MM. Fenech et de Tavernost à lui verser 77.000 euros en réparation du préjudice moral et 9.000 euros au titre des frais de justice. M. Fenech avait qualifié l'association raëlienne de "groupement criminogène".

Le groupement devra payer à M. Fenech et à la chaîne M6, 4.000 euros au titre des frais de justice.

6 mai 2005  Nouvelle crise au sein de l'Union des organisations islamiques de France 

Fouad Alaoui, secrétaire général de l'UOIF et vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), a démissionné du bureau exécutif du CFCM pour protester contre "une accumulation de dysfonctionnements graves", a précisé vendredi l'UOIF dans un communiqué en apportant son soutien à la démission annoncée mardi par M. Alaoui. Le bureau exécutif de l'UOIF a ainsi décidé vendredi de "geler la participation" de ses deux représentants au bureau du CFCM. M. Alaoui juge le CFCM "malade de son incapacité à être effectivement une instance représentative du culte musulman de France qui a la capacité de prendre ses décisions loin des pressions et des injonctions politiques". Face à cette nouvelle crise au sein d'une institution déjà agitée à plusieurs reprises par des dissensions internes depuis sa création au printemps 2003, le ministère de l'Intérieur a sollicité une rencontre avec les deux protagonistes mardi. M. Boubakeur a indiqué qu'il se rendrait place Beauvau.

5 mai 2005  Etats-Unis: accord avec le Vietnam sur les libertés religieuses 

Les Etats-Unis ont annoncé le 5 mai 2005 qu'ils avaient conclu un accord avec le Vietnam sur le respect des libertés religieuses dans ce pays, peu après l'annonce d'une visite historique du Premier ministre vietnamien à Washington en juin. Les Etats-Unis ont pris acte que le régime communiste d'Hanoï avait réalisé des progrès ces derniers mois, avec la libération d'un certain nombre de détenus pour raisons religieuses et l'accord donné à la réouverture d'églises fermées, selon des responsables américains. L'ambassadeur américain chargé de la liberté religieuse, John Hanford, a indiqué que l'accord portait sur "un nombre important de préoccupations religieuses" et que de nouvelles discussions se tiendraient vendredi à l'occasion de la visite du secrétaire d'Etat adjoint, Robert Zoellick, à Hanoï. La question de la liberté de culte restait la principale source de tension entre les deux pays puisque, en 2004, le Vietnam avait été inscrit par le département d'Etat sur la liste des "pays les plus préoccupants" en la matière. Cette classification pouvait, en principe, entraîner des sanctions.

2 mai 2005 Du bon usage de la procédure de référé devant le tribunal administratif


La direction d'un hôpital du Calvados avait, le 15 mars, interdit aux Témoins de Jéhovah de rendre visite à un patient. Au prix de deux jugements, les Témoins de Jehovah ont obtenu gain de cause. Peut-on fixer des limites à la liberté religieuse dans un État laïc ? Ce débat a été évoqué, par deux fois, au tribunal administratif de Caen : pas question, ici, de signe religieux ostentoire, mais de l'accès des représentants d'un culte dans un hôpital public. Le 15 mars, le directeur de l'hôpital local d'Orbec (Calvados) interdit aux Témoins de Jéhovah de Lisieux de rendre visite à un patient de 78 ans. Ce dernier reçoit un adepte, une heure par semaine, chaque samedi après-midi. L'établissement d'Orbec accueille 133 patients : des personnes très âgées, des malades psychiatriques « stabilisés » et des handicapés mentaux adultes. « Le patient en question appartient à la catégorie des personnes très fragiles. D'ailleurs, il est sous tutelle depuis 1978 », précise le directeur. Les Témoins de Jéhovah de Lisieux se sont émus de cette interdiction. Le 15 avril, ils saisissent le tribunal administratif, selon la procédure d'urgence de référé liberté. Ils invoquent une « atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ». En l'occurrence, la liberté de culte puisque le patient ne peut recevoir « l'assistance spirituelle qu'il a réclamée par lettre ». Ce premier recours est rejeté : le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie. Quinze jours plus tard, retour au tribunal administratif selon, cette fois, la procédure d'urgence de référé suspension. Les arguments sont les mêmes. Outre la fragilité psychologique du patient, l'hôpital met en avant la « dérive sectaire des Témoins de Jéhovah telle qu'elle apparaît dans un rapport de l'Assemblée nationale de 1996 ». Dans sa décision, le juge suspend, cette fois, l'interdiction prise à l'encontre des Témoins de Jehovah. D'une part, la fragilité psychique du patient ne lui interdit pas d'avoir des entretiens d'ordre spirituel. D'autre part, la mesure prise à l'encontre du patient et des Témoins de Jéhovah équivaut à une interdiction générale et absolue, ce qui « crée un doute sérieux sur la légalité de cette décision ».