Actualité Janvier 2005 

 

3 janvier 2005, Washington a versé 1 milliard de dollars à des groupes religieux en 2003
4 janvier 2005 Démission de Dounia Bouzar du CFCM 

7 janvier 2005 Permis de construire refusé par le maire de Deyvillers aux Témoins de Jéhovah


7 janvier 2005 Le Préfet de Guyane veut relancer la vigilance contre les dérives sectaires


13 janvier 2005 La Miviludes publie un guide sur les dérives sectaires


 20 janvier 2005, 48 élèves exclus au total pour non respect de la loi laïcité 

 


3 janvier 2005,
Washington a versé 1 milliard de dollars à des groupes religieux en 2003

Le gouvernement américain a versé plus d'un milliard de dollars (730 millions d'euros) en 2003 à des organisations qu'il considère comme confessionnelles. L'argent est allé à des programmes axés sur la prière et le conseil spirituel mais aussi à des groupes surpris de se découvrir qualifiés de religieux.

 Au total, les organisations confessionnelles ont reçu 1,17 milliard de dollars (860 millions d'euros) en 2003, soit environ 8% des 14,5 milliards (10,7 mds euros) consacrés aux programmes sociaux pouvant prétendre à de l'argent de cinq ministères fédéraux. Les responsables de la Maison Blanche s'attendent à ce que ce total augmente.

4 janvier 2005
Démission de Dounia Bouzar du CFCM 

L'anthropologue Dounia Bouzar, l'une des deux femmes du CFCM, a démissionné du Conseil français du culte musulman.

Mme Bouzar a envoyé une lettre annonçant sa démission au président du CFCM, le recteur de la grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur. Le bureau du CFCM, qui doit se réunir jeudi, n'a pas rendu publique cette lettre dans l'immédiat. Avec Fatiha Ajbli, Dounia Bouzar était l'une des deux femmes siégeant à la direction de l'instance représentative des musulmans de France.

En marge des voeux aux autorités religieuses à l'Elysée, le président du CFCM Dalil Boubakeur a "regretté" cette démission. Mais "c'est son choix, chacun est libre". "Je suis sûr que l'ensemble du bureau, qui se réunira le 5 (janvier) à la mosquée de Paris, émettra son regret à cette occasion", a-t-il ajouté.

Née en 1964, convertie à l'islam en 1991, Dounia Bouzar défend l'idée d'un islam français tourné vers la modernité. Elle reproche au CFCM de se focaliser plus sur la forme que sur le fond des choses.

7 janvier 2005

Permis de construire refusé par le maire de Deyvillers aux Témoins de Jéhovah


La chaîne de télévision France 3 a, le 6 janvier 2005, relaté le refus formulé par le maire de Deyvillers aux adeptes du culte des Témoins de Jéhovah pour la construction d'un lieu de culte.

Un permis de construire déposé par les Témoins de Jéhovah pour implanter, dans le petit village vosgien de Deyvillers, une vaste salle d'assemblée, a été refusé par le maire du village, a-t-on indiqué à la mairie.

Le projet des Témoins de Jéhovah de construire une "salle du Royaume" de 1.500 places avec un parking de 500 places, dans un village de 1.400 âmes près d'Epinal suscitait une levée de boucliers de la part des habitants. Le refus du permis de construire est toutefois motivé par des raisons "techniques", qui tiennent à "la voirie, la circulation et l'évacuation des eaux", a précisé le bureau d'information des Témoins de Jéhovah à Louviers (Eure) qui dénonce dans un communiqué "une décision prise dans un contexte de dénigrement et d'intolérance à l'égard d'une minorité religieuse". 

7 janvier 2005

Le Préfet de Guyane veut relancer la vigilance contre les dérives sectaires
 

Le préfet de Guyane a annoncé jeudi sa volonté de "redoubler de vigilance contre les dérives sectaires" suite au décès d'un jeune épileptique de 15 ans après des séances d'exorcisme pratiquées par des membres de "l'Eglise du christianisme céleste".

 "La vigilance était déjà soutenue mais elle va être encore renforcée" a assuré Alain Geney, directeur de cabinet du Préfet Ange Mancini. "Nous souhaitons attendre les résultats de l'enquête de manière à pouvoir très justement apprécier la suite à donner à cette affaire en matière d'autorisation ou non de poursuite du culte par ce mouvement" a ajouté M. Geney.

 Jusqu'à présent, "l'Eglise du christianisme céleste" n'avait pas attiré l'attention de la commission de vigilance contre les dérives sectaires présidée par le Préfet et qui regroupe différents services de l'Etat.
"La commission s'est réunie en juin et à cette date il n'y avait aucune information alarmante sur une quelconque dérive de ce mouvement, comme d'autres" assure le directeur de cabinet de la Préfecture. Les pouvoirs publics ne sont pourtant pas en mesure de produire des éléments d'enquête ou des données statistiques détaillées sur le pratiques sectaires en Guyane.

 Le Parquet de Cayenne a déjà mis en examen et écroué ou placé sous contrôle judiciaire, six membres de cette "Eglise", dont le plus haut dignitaire de cette association cultuelle et son épouse, soupçonnés de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

 Le jeune épileptique, âgé d'un peu plus de 15 ans, a succombé en début de semaine, après avoir été soumis à des rîtes de désenvoûtement destinés "à chasser le diable de son corps".

13 janvier 2005

La Miviludes publie un guide sur les dérives sectaires

Les responsables administratifs vont avoir à leur disposition un "Guide de l'agent public face aux dérives sectaires" publié par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), a annoncé jeudi cet organisme.

Tiré à 20.000 exemplaires et édité par La Documentation Française, ce guide sera diffusé au sein des personnels d'encadrement des trois fonctions publiques (Etat, territoriale et hospitalière) pour leur servir de "support concret d'aide à la décision", selon un communiqué de la Miviludes.

Il s'agit d'aider les agents publics à discerner "ce qui relève du domaine privé et ce qui appelle une réponse de la puissance publique", explique le président de la Miviludes Jean-Louis Langlais dans un avant-propos. Selon lui, les agents publics "doivent pouvoir distinguer les agissements répréhensibles, identifier les groupes à risques, effectuer les signalements éventuels, venir en aide aux personnes, mettre en place des actions de prévention".

jeudi 20 janvier 2005, 12h33 
48 élèves exclus au total pour non respect de la loi laïcité
 

Le ministre de l'Education nationale, François Fillon, a annoncé jeudi à Marne-la-Vallée (Seine-et-Marne) que 48 élèves ont été exclus au total depuis la rentrée scolaire pour non respect de la loi sur l'interdiction des signes religieux dans les établissements scolaires.
Près de cinq mois après la rentrée scolaire, tous les conseils de discipline prévus ont eu lieu, a-t-on précisé au ministère. 
"Cette loi en faveur de la laïcité à l'école, hier contestée par certains, s'est imposée fermement et calmement. L'an passé, près de 1.500 élèves manifestaient ostensiblement une appartenance religieuse. Cette année, 639 ont été recensés", a détaillé M. Fillon dans son discours introductif à un colloque sur le centenaire de la loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat à l'université de Marne-la-Vallée.
"Le nombre d'exclusions fut limité à 48 élèves", s'est félicité le ministre.
Selon lui, "plus de 550 de ces situations ont trouvé une solution par le dialogue", les jeunes filles ayant accepté de retirer leur voile, foulard ou bandana. Une soixantaine de situations litigieuses ont été réglées par des inscriptions dans le privé ou au Cned (enseignement à distance). 
"La loi ne refoule personne, elle invite au respect mutuel", a insisté M. Fillon. Avec la loi du 15 mars 2004 interdisant le port de signes religieux ostensibles, "le gouvernement a légitimement remis les points sur les i", a-t-il estimé.
Tous les conseils de discipline convoqués sur cette question ont prononcé l'exclusion, le plus souvent de jeunes musulmanes, mais aussi de trois sikhs portant un sous-turban. 
Selon le ministère, les recours aux rectorats puis aux tribunaux administratifs "ont été majoritaires mais pas systématiques".
Jeudi, le ministre a également indiqué son souhait d'"avancer sur la question de l'apprentissage du fait religieux à l'école" sans faire "du prosélytisme ni du catéchisme".
"Concrètement", M. Fillon a proposé que "cette sensibilisation au fait religieux" trouve sa place "dans la formation des enseignants" au sein des instituts universitaires de formation des maîtres.