Actualité Avril 2005 

 

19 avril 2005, Laïcité: exclusion confirmée pour trois lycéens sikhs

9 avril 2005 La prière en prison ne vaut pas huit jours de cellule disciplinaire  


4 avril 2005 Une majorité de Français souhaite étendre l'interdiction des signes religieux à la fonction publique

 

mardi 19 avril 2005, 18h05 
Laïcité: exclusion confirmée pour trois lycéens sikhs

- Le tribunal administratif de Melun (Seine-et-Marne) a rejeté mardi la demande de réintégration au lycée Louise-Michel de Bobigny (Seine-Saint-Denis) présentée par trois élèves sikhs qui refusaient de venir tête nue en classe, selon leur avocat.

Me Félix de Belloy, joint par téléphone par l'Associated Press, a déclaré que ses clients se pourvoiraient devant la cour administrative d'appel de Paris. S'ils sont encore déboutés, ils se tourneront vers le Conseil d'Etat, voire la Cour européenne des droits de l'Homme. "On va faire appel assez vite car chaque mois qui passe est important, même si ce sont de bons élèves et qu'ils suivent les cours par correspondance", a-t-il souligné.

Les trois lycéens, scolarisés en classe de seconde, première et terminale et âgés de 15, 17 et 18 ans, avaient été exclus de leur établissement le 23 septembre, décision confirmée début novembre par le conseil de discipline, en application de la loi du 15 mars 2004 sur la laïcité, qui interdit le port de "signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse".

"Il faut que les sikhs se plient à la loi", avait déclaré en octobre le ministre de l'Education François Fillon. C'était la première fois que des sikhs étaient exclus d'un établissement scolaire français pour une question de turban.

Bikramjit Singh, Ranjit Singh et Jaszir Singh avaient accepté de remplacer leur turban par le "keski", sous-turban plus discret. La religion sikh prescrit à ses adeptes de ne jamais se couper la barbe et les cheveux, ceux-ci étant traditionnellement réunis sous un turban. On évalue à environ 5 à 7.000 le nombre de sikhs en France.

Le tribunal administratif a estimé "qu'en persistant à porter le sous-turban, l'élève adoptait une tenue le faisant reconnaître immédiatement comme appartenant à la religion sikh, et cela sans que l'administration ait à s'interroger sur la volonté de l'intéressé d'adopter une attitude de revendication de sa croyance ou de prosélytisme, ni à établir que l'attitude du requérant était de nature à troubler l'ordre public".

Pour Me Belloy, le juge s'est attaché à l'apparence, comme la circulaire qui précise que "la loi interdit les signes et les tenues qui manifestent ostensiblement une appartenance religieuse", alors que selon la défense la loi visait l'intention prosélyte de l'élève portant atteinte à l'ordre public en milieu scolaire.


9 avril 2005

La prière en prison ne vaut pas huit jours de cellule disciplinaire    

Le tribunal administratif de Versailles a annulé, le 24 mars, la sanction de huit jours de cellule disciplinaire infligée à un détenu de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis qui avait participé à une prière collective non autorisée.
TA Versailles, 24 mars 2005, M. B., n° 0406598.


4 avril 2005
Une majorité de Français souhaite étendre l'interdiction des signes religieux à la fonction publique

Six Français sur dix (62%) sont favorables à l'extension aux "agents dans les administrations et entreprises publiques" de la loi du 15 mars 2004 interdisant le port de signes religieux ostensibles à l'école, selon un sondage de l'institut CSA pour le Comité national d'action laïque. Interrogés sur les dangers pesant selon eux sur la laïcité, 40% des sondés répondent qu'il y a "de plus en plus de personnes qui portent des signes religieux ostensibles"; 39% estiment que "les religions se font de plus en plus entendre sur les sujets de société", tandis que 35% pensent que "les communautés culturelles et religieuses se mélangent de moins en moins en France". Le total est supérieur à 100%, les personnes interrogées ayant pu fournir deux réponses. Ce sondage a été réalisé par téléphone les 2 et 3 février auprès d'un échantillon national représentatif de 970 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas.

Note : On peut s’interroger de la pertinence de ce sondage dans la mesure où une extension de la loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 serait sans effet sur les agents publiques, ceux-ci étant soumis au principe de neutralité qui leur interdit strictement l’extériorisation de leurs convictions religieuses dans l’exercice de leurs fonctions. SLL.