dimanche 16 mai 2004, 
Circulaire sur le voile et formation des imams: débats passionnés au CFCM
 

 

 
Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a débattu samedi et dimanche, parfois de façon houleuse selon certains de ses membres, sur la formation des imams et la circulaire sur le port du voile à l'école qui inquiète les responsables musulmans.

 

La circulaire sur le port de signes religieux à l'école est examinée lundi par le Conseil supérieur de l'éducation (CSE). Elle a été à la source de "discussions vives", selon des membres du conseil d'administation du CFCM.

 

"La circulaire ne résoud pas les problèmes", estime Mohamed Bechari, un des des vice-présidents, "on va créer des foyers de tension entre les enseignants et les parents musulmans" et cela compliquera la tâche du CFCM "à qui on risque de faire porter le chapeau".

 

"La circulaire suscite des inquiétudes", confirme Lhaj Thami Breze, président de l'union des organisations islamiques de France (UOIF), qui craint "arbitraire et interprétation subjective des chefs d'établissement".

 

Le second sujet "chaud" a été celui de la formation des imams. Le conseil d'administration a débattu dans un climat rendu difficile par la polémique autour d'une initiative du président de la fédération nationale des musulmans de France (FNMF), M. Bechari, de réunir une commission d'experts, hors CFCM.

 

Cette commission a été réunie à deux reprises, dont une, le 25 mars, en présence d'un représentant du ministère de l'Intérieur.

 

Le ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, est venu samedi assister pendant deux heures à la réunion à huis clos du conseil d'administration pour rassurer les participants.

 

La formation des imams, a-t-il dit, relève d'abord de la responsabilité du CFCM à qui nous "n'avons pas vocation à nous substituer" même si "nous sommes là pour "accompagner et faciliter" cette formation.

 

"Il est normal d'avoir un débat contradictoire", a affirmé à l'AFP M. Béchari, qui entend poursuivre le travail de sa commission d'experts, sans fixer la date de la prochaine réunion.

 

Le CFCM, selon lui, s'est finalement entendu sur l'établissement d'un état des lieux de la situation des quelque 1.000 à 1.500 imams de France, en envoyant un questionnaire, puis en auditionnant les centres de formation existants.

 

Deux organisations musulmanes ont lancé leur propre centre de formation, l'UOIF et la Mosquée de Paris, qui ne forment qu'un nombre limité de personnes.

 

Le CFCM devrait ensuite établir un "cahier des charges" que devra remplir le ou les instituts de formation des imams, ont indiqué à l'AFP des participants à la réunion. 

 

Pour Lhaj Thami Breze, ce cahier des charges permettra au CFCM de donner un agrément aux futurs instituts. "Nous proposons par exemple comme critères l'enseignement en français, la place donnée à l'histoire de la laïcité, à la diversité de l'enseignement de la théologie", dit-il, ajoutant qu'il "ne faut pas privilégier une école particulière, mais prendre ce qu'il y a de meilleure dans chacune".

 

Le CFCM, qui réunissait son conseil d'administration pour la deuxième fois depuis l'installation de l'instance représentative musulmane au printemps 2003, a annoncé qu'il rendrait publics lundi les résultats de ses travaux du week-end.