La Lettre du droit des religions  

 

N°34

 

Décembre 2008 / Janvier 2009

 

 

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112 pages

SOMMAIRE

 

EDITORIAL

p.007

L'interdiction du port du voile dans les établissements publics français du second degré ne porte pas atteinte à la liberté religieuse des élèves selon la CourEDH

CourEDH, 4 décembre 2008 affaires Dogru et Kervanci c/ France

Par Sébastien Lherbier-Levy


 

 

 

ACTUALITE EN BREF  Novembre 2008           

p.008

· Pays-Bas: la répression du blasphème intégrée dans une loi plus générale

· Le Parlement protège les témoins des enquêtes parlementaires

· Une société agroalimentaire adopte le foulard islamique jetable

· Trois associations du gourou Bhagwan déboutées à la Cour européenne des droits de l'homme.

· Aïd: feu vert de la mairie de Grenoble à une formation à l'abattage.

· USA, Mort cérébrale: une famille juive orthodoxe refuse qu'on débranche un proche parent

· Grenoble: une formation à l'abattage rituel musulman reportée sine die

· L'Eglise de Grèce pour un référendum sur la séparation avec l'Etat

· Une ex-religieuse déboutée de sa demande d'aide à la retraite

· Sommet controversé à l'ONU sur un dialogue interreligieux pour la paix

·L'Eglise de Scientologie ne sera pas interdite en Allemagne

· L'ex-maire de Montreuil jugé devant tribunal correctionnel de Bobigny pour avoir privé de parole une élue parée d'une croix

· Des membres de "La France en action" condamnés pour poursuite abusive contre Georges Fenech

· Espagne: les crucifix retirés de l'école publique pour la 1ère fois

· Après l'école, les Pays-Bas interdisent la burqa dans les universités

· Un sikh pratiquant débouté devant la CourEDH de sa requête contre la France


 

ACTUALITE EN BREF Décembre 2008

p.015

· Plainte pour sexisme contre le cardinal André Vingt-Trois devant le tribunal ecclésiastique de l'Officialité

· Port du foulard à l'école française: deux élèves déboutées devant la CourEDH

· Corse: annulation demandée d'un permis de construire accordé à des Témoins de Jéhovah

· Eglise de Scientologie: annulation d'un non-lieu et renvoi en correctionnelle requis en appel

· Charlie Hebdo assigné par un association pour son numéro "Spécial Pape"

· Détournement de fonds: un an avec sursis pour l'ancien recteur de Lourdes

· La plainte pour sexisme contre André Vingt-Trois retirée après des excuses

· La Charte pour la promotion de l'égalité dans la fonction publique

· Aïd: plainte pour abattage illégal de plus de 2.000 moutons dans les Bouches-du-Rhône

· Espagne: le gouvernement socialiste prépare une nouvelle loi sur la laïcité

· La proposition de loi Sueur sur la législation funéraire  définitivement adoptée.

· Jean-Pierre Brard fait appel de sa condamnation pour avoir refusé la parole en conseil municipal à une élue portant une croix.

· Critiques après l'accord de reconnaissance des diplômes Paris/Vatican

· Une garderie liée à la Scientologie restera fermée en Allemagne (tribunal)

· Le Président du Parlement Européen évoque la liberté de culte en visite en Arabie saoudite

 

PARLEMENT EUROPEEN Questions

p.022

· Exemption accordée aux établissements scolaires religieux quant à la législation en matière d'égalité  E-6044/08

· Professeurs de religion dans les établissements publics italiens E-5752/08

· Intention de la Russie de dissoudre des organisations et communautés religieuses E-6438/08

· Retrait des crucifix d'une école de Valladolid E-6597/08

· Liberté de culte en Bosnie-et-Herzégovine  E-6731/08

· Discriminations à l'égard des catholiques au Belarus P-7025/08

· Transparence du BEPA P-7004/08

· Diffusion de rumeurs concernant de supposées "initiatives" de l'Union européenne E-6849/08


 

ASSEMBLEE NATIONALE Question écrites Novembre 2008

p.025

· Question N° : 28858 de Mme Marland-Militello Muriel ( Union pour un Mouvement Populaire - Alpes-Maritimes )

· Question N° : 28859 de Mme Marland-Militello Muriel ( Union pour un Mouvement Populaire - Alpes-Maritimes )

· Question N° : 3413 de Mme Poletti Bérengère (Union pour un Mouvement Populaire - Ardennes )

· Question N° : 3414 de Mme Poletti Bérengère (Union pour un Mouvement Populaire - Ardennes )

· Question N° : 35234 de M. Remiller Jacques ( Union pour un Mouvement Populaire - Isère )

· Question N° : 19844 de M. Raimbourg Dominique ( Socialiste, radical, citoyen et divers gauche - Loire-Atlantique )

· Question N° : 19841 de M. Kucheida Jean-Pierre ( Socialiste, radical, citoyen et divers gauche - Pas-de-Calais )

· Question N° : 19845 de Mme Besse Véronique ( Députés n'appartenant à aucun groupe - Vendée )

· Question N° : 35415 de Mme Marland-Militello Muriel ( Union pour un Mouvement Populaire - Alpes-Maritimes )

· Question N° : 35416 de Mme Marland-Militello Muriel ( Union pour un Mouvement Populaire - Alpes-Maritimes )

·  Question N° : 31529 de M. Tardy Lionel ( Union pour un Mouvement Populaire - Haute-Savoie )


 

ASSEMBLEE NATIONALE Question écrites Décembre 2008

p.033

· Question N° : 32960 de M. Maurer Jean-Philippe ( Union pour un Mouvement Populaire - Bas-Rhin )

· Question N° : 30184 de M. Raoult Éric ( Union pour un Mouvement Populaire - Seine-Saint-Denis )

· Question N° : 38638 de M. Vanneste Christian ( Union pour un Mouvement Populaire - Nord )

· Question N° : 33134 de M. Ciotti Éric ( Union pour un Mouvement Populaire - Alpes-Maritimes )


 

SENAT Questions écrites

p.036

· Sécurité dans les édifices cultuels, Question écrite n° 06615 de M. Elie Brun (Var - UMP)


 

REGLEMENTATION

p.037

· Décret du 3 novembre 2008 portant modification des statuts d'une congrégation

· Avis relatif à la liste des abattoirs temporaires agréés pour les trois jours de la fête de l’Aïd-el-Adha de décembre 2008

 


 

JURISPRUDENCE administrative

p.043

Cour administrative d’appel de Bordeaux, n° 06BX01003, 1er avril 2008, M. Alexis M.

En décidant, par une note du 11 mai 2005, que le lundi 16 mai 2005, lundi de la Pentecôte, serait une journée travaillée dans les services de l’Etat, le préfet de Mayotte n’a pas méconnu le champ d’application de la loi du 30 juin 2004. La note en litige n’a ni pour objet ni pour effet de fixer le régime des autorisations d’absence dont peuvent bénéficier les agents publics de confession musulmane pour assister à des fêtes religieuses ; qu’il suit de là que le moyen tiré de la rupture d’égalité entre les agents publics de confession catholique et ceux de confession musulmane ne peut être utilement invoqué.


Cour administrative d'appel de Nantes, N°s 07NT03309 et 07NT03781, 6 mai 2008, MINISTRE DE L'IMMIGRATION, DE L'INTEGRATION, DE L'IDENTITE NATIONALE ET DU CODEVELOPPEMENT c/ M. Kamil B.

Si M. B. conteste toute appartenance au mouvement islamiste turc “Kaplan”, il ressort des pièces du dossier, notamment, d'un avis du préfet du Rhône du 25 mars 2005 et de deux notes du 30 juin 2005 et du 7 mars 2006 du ministre de l'intérieur, que l'intéressé est un des membres les plus actifs de ce mouvement dans la région lyonnaise et qu'il a, de 1990 à 1998, occupé les fonctions de trésorier de l'association des étudiants turcs de Lyon, proche de ce même mouvement ; que, lors d'une audition le 17 juin 2005 par les services de police, M. B. a reconnu avoir partagé, de 1985 à 1990, l'idéologie dudit mouvement ; que, dans ces conditions, les témoignages produits par l'intéressé à l'appui de ses allégations ne sont pas de nature à établir que les renseignements retenus par le ministre pour ajourner à trois ans sa demande de naturalisation et qui ne sont dépourvus, ni de toute vraisemblance, ni de toute précision, seraient matériellement inexacts ; qu'il suit de là que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif de Nantes s'est fondé, pour annuler la décision contestée, sur ce qu'elle était entachée d'erreur de fait.


Tribunal administratif de Lyon, n°0605026, 10 juillet 2008, Mme Sophie T.

Considérant que Mme T. soutient qu'elle a refusé une offre d’emploi de surveillante dans un établissement scolaire à Saint-Etienne au motif qu’elle ne peut pas travailler certains jours de fêtes de sa religion et qu’il s’agit de son premier refus ; que de tels motifs ne sont pas au nombre de ceux qu’énumèrent les dispositions précitées de l’article R. 311-3-5 b, du code du travail ; qu’ainsi, Mme T. n’établit pas qu’elle aurait eu un motif légitime de refuser l’emploi proposé ni, au demeurant, que ce refus opposé à l’agence nationale pour l’emploi serait le premier ; que, dès lors, la décision du directeur délégué de l’agence nationale pour l’emploi de la Loire en date du 8 juin 2006 radiant Mme T. pour une période de deux mois n’a pas méconnu les dispositions précitées ;


Tribunal administratif de Paris, n°0516278/7, 11 juillet 2008, M. Jean-Baptiste B.

Si M. B. invoque le caractère confessionnel de sa demande de changement de nom en faisant valoir que M. Claude Vorillon a été autorisé, pour le même motif, à substituer à son nom celui de Raêl, un tel motif ne saurait, en l’absence d’élément objectif, constituer un intérêt légitime au sens de l’article 61 du code civil ; que, dans ces conditions, le garde des sceaux, ministre de la justice, n’a pas commis d’erreur manifeste d’appréciation en estimant que le requérant ne justifiait pas d’un tel intérêt ; que, par suite, la requête de  M B. doit être rejetée.


Tribunal administratif de Lyon, ord. Ref. N° 0805614, 9septembre 2008, Mme Leila G.

La requête de Mme G. tend à la suspension de l’exécution de la décision de la commission diocésaine d’appel du second degré, du 10 juin 2008, refusant l’admission en classe de seconde de sa fille, Mlle Feirouz G. ; que cette décision, prise par un organisme de droit privé en dehors de l’exercice d’une prérogative de puissance publique, n’a pas le caractère d’un acte administratif ; qu’ainsi, la requête susvisée ne relève manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; qu’elle doit, par suite, être rejetée.


Tribunal administratif de Rennes, ord.,  n°082955, 17 septembre 2008, Epoux LE P.

Si les établissements d’enseignement privés sous contrat d’association participent au service public de l’éducation, les actes pris notamment à l’égard des élèves par les responsables de ces établissements ou par les institutions propres à l’enseignement privé au sein desquelles ces établissements sont représentés, ne ressortissent à la compétence de la juridiction administrative que pour autant qu’elles comportent l’exercice d’une prérogative de puissance publique ; que la circonstance que les décisions relatives à l’orientation des élèves des établissements d’enseignement privés sous contrat sont applicables dans l’enseignement public, ne saurait à elle seule faire regarder ces décisions comme comportant l’exercice d’une prérogative de puissance publique ; que, par suite, les conclusions présentées par les époux LE P. doivent être rejetées comme portées devant une juridiction manifestement incompétente pour en connaître ;


Tribunal administratif de Melun, n°0505509/4, 9 octobre 2008, ASSOCIATION LOCALE POUR LE CULTE DES TEMOINS DE JEHOVAH DE SENART

La commune de Moissy-Cramayel fait partie des communes situées dans la ville nouvelle de Sénart ; que toutefois, si par un arrêté n° 04 BCI 96 en date du 20 septembre 2004, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de Seine-et-Marne a donné délégation de signature à M. Jean-Martin Delorme, ingénieur des Ponts et Chaussées, Directeur adjoint, en cas d’absence ou d’empêchement de Mme Dupont-Kerlan, ingénieure générale des ponts et chaussées, directrice départementale de l’équipement, cette délégation ne vise pas les permis de construire délivrés sur le fondement des dispositions précitées de l’article L. 421-2-1 du code de l’urbanisme ; que dès lors, l’arrêté du 9 août 2005 signé par M. Delorme émane d’une autorité incompétente ; 


Tribunal administratif de Caen, n°0700309, 14 octobre 2008, M. et Mme Jean-Pierre L.

A l’appui de leur requête, M. et Mme L. soutiennent que la commune devait leur attribuer une concession libre de toute sépulture et font valoir qu’ils n’auraient pas donné leur accord pour acquérir la concession en cause s’ils avaient eu connaissance de ce qu’ils devaient conserver les restes de Mlle R. ainsi que sa tombe ; que, toutefois, alors qu’ils ont acquitté le montant de la concession ainsi que les droits de timbre et d’enregistrement de ladite concession mis à leur charge par l’article 4 de l’arrêté susmentionné du 23 septembre 2005, comme cela ressort des mentions apposées sur ledit arrêté, qu’ils n’avaient d’ailleurs jamais contesté auparavant, ils ne justifient pas ne pas avoir accepté ladite concession en toute connaissance de cause ; que la concession qui leur a été accordée, concession de famille, concerne également la sépulture particulière de Mlle R. ; que, dans ces conditions, M. et Mme L. ne peuvent prétendre à ce que la commune de V. prenne en charge une éventuelle exhumation du corps de Mlle R. ainsi que l’enlèvement du monument élevé sur la tombe de cette dernière.


Tribunal administratif de Nantes, n°0702875, 14 octobre 2008, M. Mohamed A. et Mme Laaziza A.

Considérant que dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation de l'opportunité d'accorder la nationalité française le ministre, qui a suffisamment motivé la décision dont s'agit, a pu prendre en compte un rapport du ministre de l'intérieur en date du 20 décembre 2006 selon lequel le requérant « exprime toujours de fortes convictions islamiques et reste l’un des animateurs du lieu de prières sis 19 boulevard de l’Europe à Amiens géré par l’association des musulmans de Picardie affiliée à l’UOIF » et présente un comportement qui révèle « manifestement … un manque d’intégration par refus de reconnaître le principe de laïcité » ; que ce motif n’est pas sérieusement contesté par le requérant ;


Tribunal administratif de Lyon, ord. Ref.,n° 0806651, 6 novembre 2008, M. Christian G.

M. Christian G., ministre du culte catholique, soutient que l’invalidité de son permis de conduire ne lui permet plus d’exercer son ministère dans la circonscription rurale très étendue qui lui a été dévolue autour de C. en Ardèche ; que toutefois l’exécution de la décision attaquée est sans incidence sur sa situation personnelle  au plan patrimonial et financier ; que le requérant n’établit pas qu’il ne pourrait plus, au-delà de C., exercer de manière utile l’essentiel de son ministère grâce au concours de ses paroissiens les plus dévoués ; qu’en tout état de cause, il n’est pas démontré que ses supérieurs hiérarchiques ne puissent le remplacer temporairement pas un autre desservant ou le suppléer ponctuellement pour les aspects de son ministère auxquels il ne pourrait plus facilement faire face ; que, dans ces circonstances, la condition d’urgence, imposée par les dispositions susmentionnées ne peut être regardée comme remplie.


Cour Administrative d’Appel de Nancy, n° 08NC00100, 17 novembre 2008

Considérant que Mlle s’est présentée lors de la rentrée scolaire 2004 au lycée Jean Rostand à Strasbourg en portant un voile couvrant sa chevelure ; que, alors qu’elle se trouvait dans une enceinte scolaire, l’intéressée a, par cette tenue qui ne peut pas être qualifiée de signes discrets et par son refus réitéré d’y renoncer, manifesté son intention de marquer ostensiblement son appartenance à la religion musulmane et a ainsi adopté une attitude contraire aux dispositions législatives précitées ; que, contrairement à ce qu’elle affirme, Mlle n’a pas accepté le port d’un simple bandeau ; qu’un tel comportement rendait son auteur passible d’une sanction disciplinaire, même s’il ne s’était accompagné d’aucun acte de prosélytisme ;


 

CourEDH

p.076

· COUR EUROPÉENNE DES DROITS DE L’HOMME 4.12.2008  Arrêt Dogru c. France (requête no 27058/05)

· COUR EUROPÉENNE DES DROITS DE L’HOMME 4.12.2008  Arrêt Kervanci c. France (no 31645/04).


 

BLBLIOGRAPHIE

p.109


 

INDEX

p.110